C’est grâce à ma chère collègue Nico du Club shôjo que j’ai découvert Honey Lemon Soda. Découvrez sa chronique sur le site du Club shôjo !

Honey Lemon Soda – l’histoire

Honey Lemon Soda nous raconte le combat d’ISHIMORI Uka pour vivre une vie d’adolescente ordinaire. Harcelée au collège, elle a perdu toute confiance en elle. Surprotégée par ses parents depuis l’enfance, surtout par son père, elle ne connaît presque rien des activités des jeunes de son âge. Avec qui pourrait-elle bien les faire, de toute façon ? Uka n’a pas d’amis.

Au collège, ses camarades la surnommaient « la pierre » (« ishi » / pierre). Le surnom se moque également d’un trait de caractère d’Uka. La jeune fille est très timide et a du mal à communiquer. Mais ce trait de caractère a, sans aucun doute, été renforcé par le harcèlement que subi.

Au sortir du collège, Uka prend une grande décision : elle veut changer. Un changement qui passe, selon elle, par le choix pertinent de son lycée. Mais pour ses parents, le choix est tout fait : elle entrera dans un prestigieux lycée pour jeunes filles. Uka se demande néanmoins si ce lycée huppé lui convient… Une rencontre fortuite arrête son choix. Elle n’ira pas dans le lycée chic, mais dans un lycée bien plus ordinaire, un peu mal vu par certaines personnes soi-disant bien pensantes. Car le lycée d’Uka serait un dangereux repaire d’originaux aux cheveux décolorés et aux boucles d’oreilles excentriques… Mais c’est bien là que l’héroïne réalisera que sa voix compte, et son existence aussi.

Long shôjo super shôjo

Honey Lemon Soda est un manga de MURATA Mayu publié depuis 2017 chez la Shueisha (mag de prepublication Ribon). La série est toujours en cours avec 27 tomes. C’est assez long, pour ce type de série. Eh oui, les shôjo manga longs, ça existe (Skip beat !, Yona…). Attention aux clichés qui voudraient parquer les shôjo dans les petites histoires courtes. Autre cliché à combattre : l’horreur est bien un grand pan du shôjo manga. Je vous renvoie ici vers les analyses de ma chère collègue Julia du Club shôjo.

En France, c’est nobi nobi ! qui édite Honey Lemon Soda depuis 2024 (7 tomes sortis). Un anime de 12 épisodes est également dispo sur Chrunchyroll. Réalisé par le studio J.C staff (2025), l’anime anime s’arrête au tome 8 du manga. On espère qu’il y aura d’autres saisons !

Honey Lemon Soda : la leçon d’Uka

Après la leçon de persévérance de Damian, leçon de persévérance et de combativité cette Uka.

Le harcèlement scolaire reste un fléau destructeur contre lequel il faut combattre avec force. Les adultes ne doivent pas minimiser la souffrance des élèves. Et les élèves doivent se serrer les coudes pour protéger leurs camarades brimés et dénoncer, s’opposer à celles et ceux qui harcèlent.

C’est justement ce que fait MIURA Kai. C’est lui, la « rencontre fortuite ». Le héros aux cheveux blonds en amour avec le soda au citron (Honey Lemon Soda…) et la sieste se réveille, admiratif devant la persévérance d’Uka. Sans même s’en apercevoir, il se met à défendre, et surtout conseiller l’héroïne.

Peu à peu, Uka s’ouvre à Kai et à ses autres camarades de classe, à commencer par Ayumi. L’entreprise est difficile, car elle a intériorisé le fait qu’elle ne devait pas s’exprimer publiquement, que sa présence gênait. Mais progressivement, elle prend sa place. Il ne s’agit pas ici de combattre sa timidité. Il s’agit plutôt d’apprendre à s’épanouir. La timidité est une richesse qui s’associe aux autres qualités de l’héroïne : persévérance, gentillesse, bienveillance, courage, combativité, etc. Bien entendu, lorsque la timidité paralyse, on essaie de sortir de cet état pour s’exprimer. Mais il ne s’agit pas de combattre ce trait de caractère.

Comment persévérer ?

Il faut tout d’abord souligner le courage de Uka qui franchit, seule, le seuil d’un nouveau lycée. C’est dans ce lieu où elle ne connaît personne qu’elle espère vivre en paix. Elle fait le maximum pour interagir. Ses pensées intérieures nous montrent son combat de chaque instant. Que pensent les autres ? Comment doit-elle réagir ? Difficile de faire cette gymnastique quotidienne.

Mais Uka s’accroche… même lorsque les circonstances la replongent dans l’angoisse de sa vie au collège. Enfin, elle ose demander de l’aide. La véritable héroïne, le véritable héros est celui, celle, qui reconnaît ses limites, qui demande de l’aide, pour mieux avancer. C’est la voie qu’a choisie Uka. Son bonheur, elle le construit pas à pas.

Honey Lemon Soda : la leçon de Kai

Un garçon se montre particulièrement bienveillant envers Uka. C’est Kai. Nonchalant, amoureux de la sieste, il bouleverse subitement tous ses plans d’hibernation pour encourager la jeune fille. Sans même s’en rendre compte, Kai se met à la conseiller, à la protéger. Mais il ne se met pas en avant. Derrière ses airs faussement bourrus, il est humble et attentionné. S’il est vrai qu’il a conseillé à Uka d’intégrer son lycée (alors qu’il ne la connaissait pas), c’est Uka elle-même qui a décidé d’y entrer et qui a persévéré jusqu’à aujourd’hui.

Kai prononce des paroles fortes, encourageantes, et très matures, pour un ado de son âge. Il conseille à Uka d’arrêter de se sous-estimer. Il a remarqué que la jeune fille, à force de s’isoler, passe pour quelqu’un de complètement éteint, distant, voire froid. Pourtant, elle a des choses à dire et à montrer ! Par exemple : qui sait qu’elle est sportive ?

Kai ne s’arrête pas à la fausse image que renvoie Uka malgré elle et voit la « pierre précieuse » qui ne demande qu’à briller devant les yeux de tous. Le garçon transforme la moquerie en trésor, et invite sa camarade à faire de même. Uka ne devrait pas rester prisonnière du passé.

Quelques boulettes dans le soda

Passons sur les quelques boulettes de Honey Lemon Soda. Pourquoi Uka marche-t-elle toujours (souvent?) derrière Kai ? Comment avoir une conversation avec pareille configuration ?

Uka tombe très vite (trop vite) amoureuse de Kai. Un type t’aide une ou deux fois et c’est l’homme de ta vie ? Soyons sérieux/sérieuses. Mais au fond, Kai aussi tombe très vite amoureux de la jeune fille. Match nul. Opération coup de foudre (ou presque).

Uka pleure trop. A chaque épisode, à la moindre phrase un peu importante. C’est l’effet Tsurara.

Kai se transforme parfois en poetic lover (eh oui), avec quelques phrases d’un orgueil sans nom « je réaliserai tous tes rêves d’un claquement de doigts »… Bien sûr, oui.

Quand il n’est ni lover, ni dormeur, Kai râle un peu (sur tout le monde). Heureusement, on est loin des tortionnaires des comédies romantiques.

Une saison 2 pour Honey Lemon Soda ?

Vu le nombre de tomes, espère qu’il y aura une suite. Les derniers épisodes de la saison 1 présentent un retournement de situation des plus discutables (un peu comme dans Mon Histoire). Heureusement, tout redevient clair par la suite. Ces évènements sont peut-être mieux traités dans le manga.

Honey Lemon Soda reste bien entendu une belle surprise, qui nous donne une vraie leçon de résilience, de persévérance et de courage. J’insiste sur ce point, car on a trop tendance à réduire les shôjo manga romantiques au cliché de la fille effacée qui attend. Ici, Uka n’attend rien, mais prend les devants. Kai n’est pas non plus un « prince charmant » mais a plutôt les qualités d’un Kunimatsu (Ugly Princess). Il montre à Uka les clés qu’elle détenait depuis le début pour ouvrir les portes du bonheur. Il est heureux de voir qu’elle ne s’appuie pas sur lui. Au contraire : c’est elle qui devient son soutien.

Soutien mutuel, entente mutuelle, respect mutuel : voilà les bases d’une relation harmonieuse. Honey Lemon Soda est un très bon manga pansement qui nous montre comment avancer malgré les difficultés. Hier, c’est hier. Aujourd’hui n’est pas la photocopie d’hier. Si Uka n’avait pas d’amis hier, elle en a aujourd’hui. Elle ne renie pas qui elle était hier, mais au contraire, apprend à s’aimer comme elle est, pour mieux avancer vers son bonheur.

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