Précédemment dans Deep 3

Scénarisé par MIZUNO Mitsuhiro et dessiné par TOBIMATSU Ryôsuke, le manga Deep 3 nous plonge dans le monde du basket US. La série est toujours en cours au Japon, chez la Shôgakukan (11 tomes parus). En France, c’est Mangetsu qui publie le manga. Le dernier tome (tome 9) est sorti en mars dernier.

L’histoire

Pour rappel, Deep 3, c’est l’histoire de Damian, jeune espoir japonais du basket. Sa mère est japonaise, son père est américain. Après avoir fait ses armes au Japon, Damian saisit l’opportunité de jouer aux Etats-Unis… et de renouer avec son père. Mais les querelles de famille ne durent qu’un temps. Bien décidé à progresser, Damian a la maturité nécessaire pour comprendre ses deux parents. Il veut aussi comprendre ses nouveaux coéquipiers et le nouveau monde dans lequel il évolue. Vaste projet. Grand défi. Car si le basket se joue en équipe, Damian se retrouve confronté à un dilemme : comment faire jouer ensemble des personnes qui ne veulent absolument pas jouer ensemble ?

Les défaites s’enchaînent et les joueurs doivent apprendre à surmonter les échecs. Au contact de Damian, ils vont parvenir à mieux échanger. Damian, lui, comprend vite que ses coéquipiers traversent de graves difficultés malgré leur jeune âge : problèmes de famille, pauvreté, paternité précoce… Damian aussi lutte, notamment contre le racisme. Il montre qu’il a autant sa place que les autres sur le parquet.

Damian le rassembleur

Damian sait reconnaître ses limites et compte sur ses coéquipiers. C’est un rassembleur. Il sait aussi qu’il est loin d’être le meilleur joueur. Humble et persévérant, il continue d’avancer, d’abord avec les Gauchos, puis avec les Red Pirates, club universitaire de Division I. Là encore, c’est toute une cohésion d’équipe qu’il faut reconstruire…

Persévérance et résilience

La force de Deep 3 repose sur 2 mots : persévérance, et résilience. Les jeunes joueurs font au mieux pour apprendre de leurs échecs et réussir dans un univers ultra compétitif. Il faut de l’argent pour intégrer les meilleurs clubs, ce qui laisse certains basketteurs arrogants penser qu’il existerait une sélection naturelle entre les joueurs. Raisonnement cynique, réducteur, et faux. Tout n’est pas déterminé à l’avance.

Comment surmonter ses échecs ?

Après une sévère défaite, Damian se retrouve devant un choix : rentrer au Japon, poursuivre avec les Gauchos ou évoluer dans une université de Division I. Rentrer au Japon s’apparente à un retour dans une zone de confort. Continuer avec les Gauchos, pourquoi ? Les autres joueurs eux-mêmes partent relever d’autres défis. Mais le saut dans l’inconnu « Division I », il comporte aussi des risques…

Il faut tout d’abord digérer la mauvaise nouvelle. Etudier la situation à froid. C’est ce que fait Damian. Il se remet constamment en question. Problème : on n’a pas toujours le temps de le faire ! La preuve avec Deep 3, où le rythme des matchs (et les défaites!) oblige les joueurs à une introspection express…

Surmonter ses échecs : l’exemple de Paolo

L’autre leçon du manga, c’est la grande persévérance et la résilience des personnages. A certains d’entre eux, on a dit « tu n’y arriveras jamais ». C’est par exemple le cas de OATS Paolo, le nouveau coach de Damian. Plus jeune, il voulait devenir basketteur pro. Les adultes le lui ont déconseillé, car il avait de bons résultats scolaires. Cet argument en dit long sur l’idée que ces adultes avaient du sport… Un peu comme le père de Kai, le héros du manga Ocean Rush.

Le problème est que certains privilégient des matières dites « nobles » (français, maths, histoire…) au détriment d’autres matières, jugées inutiles. La personne intelligente serait celle ayant de bons résultats dans les matières « nobles » (comme Paolo). Or, il n’existe pas « une intelligence » mais « des intelligences ». Les écoles devraient insister sur ce point pour encourager les enfants au lieu de les stigmatiser. Un.e élève doué en sport est intelligent.e.

Personne n’encourage Paolo. On l’envoie jouer chez les filles pour lui montrer qu’il ne passera jamais pro. Pourquoi ? C’est déconsidérer le basket féminin. Ce constat, il aurait tout aussi bien le faire en allant chez les garçons. Le jeune homme quitte le parquet et devient prof de maths. Mais il retrouve le sport… en tant que coach. Il utilise ses connaissances mathématiques pour améliorer les statistiques de son équipe.

Comment surmonter une série d’échecs ?

Les débuts des Red Pirates sont laborieux. Les défaits se multiplient et la cohésion avec les joueurs est plus que fragile. Même les compétences de Paolo sont remises en cause. Comment surmonter des échecs à répétition ? Il faut pourtant vite rebondir, car d’autres matchs arrivent.

C’est justement là qu’il faut se montrer résilient. La meilleure façon de comprendre l’échec peut être de retourner aux bases. Qu’est-ce qu’on a fait ? Qu’est-ce qu’on n’a pas fait ? Comment a-t-on fait ? Comment a fait l’autre ? Il faut rapidement accepter ce qui n’a pas été sans tomber dans la culpabilisation, le dénigrement de soi ou des autres. Au lieu de se taper dessus, il faudrait taper juste et pointer les incohérences du groupe ou de sa situation. Dans l’équipe de Damian, elles sont flagrantes : jeu trop perso, manque de confiance dans ses coéquipiers.

C’est en admettant ses imperfections qu’on s’améliore. Les échecs ne sont pas forcément la fin d’une chose. Ils sont aussi le commencement ou le prolongement de quelque chose. On apprend de ses échecs. On gagne en maturité.

Quand on veut, on ne peut pas toujours

L’autre force de Deep 3, c’est que le manga nous rappelle ce message : quand on veut, on ne peut pas toujours. Les shônen manga classiques ont tendance à nous présenter des héros qui réussissent toujours tout. Leurs souhaits se réalisent. Il leur suffit de persévérer (même un peu) pour avoir la victoire.

Mais la volonté ne fait pas tout. C’est vrai dans le sport comme dans les autres domaines de la vie. Et c’est bien de le dire. Mais ce message n’est pas pour autant pessimiste. Il ne faut pas tout lâcher sous prétexte que la volonté ne fait pas tout. Tant qu’on n’a pas tout essayé, on ne peut que persévérer. Si ça n’a pas marché au bout de tous nos efforts, on n’aura rien à se reprocher.

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