Précédemment dans The Blue Flowers and The Ceramic Forest
Retour à Hasami. Le manga de KODAMA Yuki continue de nous ravir. Un manga bienveillant à se glisser sous les rétines, c’est toujours bon pour la santé.
Pour rappel, ce josei manga nous présente la jolie rencontre entre deux arts, et une passion. Passion céramique. Art pour la peinture (Aoko) et le moulage (Tatsuki). Après quelques quiproquos (Aoko aime la couleur, Tatsuki ne jure que par le blanc), les deux artisans se retrouvent : leurs travaux communs expriment à merveille leurs sentiments. Ce tome 7 nous en montre une nouvelle illustration, en nous présentant le fruit de leur dernière collaboration…
Mais pourra-t-on en espérer d’autres ? Car alors qu’Aoko entend profiter du bonheur présent, et que Tatsuki se projette dans un avenir avec elle, une annonce bouleverse tout. Tatsuki retourne en Finlande pour une exposition.
Comment surmonter des souvenirs douloureux ?
Ce tome montre une évolution : Tatsuki va de l’avant. Le souvenir de son ami disparu ne l’empêche pas d’agir. Au contraire : il saisit l’opportunité de l’exposition en Finlande (un rêve !) pour rendre hommage à son ami.
Mais chez Aoko, les souvenirs restent douloureux. Les soucis de la trentenaire commencent d’ailleurs bien avant l’annonce. La jeune femme se demande si Tatsuki compte vraiment rester à Hasami, ou retourner en Finlande, comme il l’annonçait lors de son arrivée à l’atelier. Aoko n’ose pas lui poser la question.
Ces choses qui reviennent
On aurait pu penser qu’Aoko ait définitivement tourné la page « Kumahei », son ancien compagnon parti s’amouracher d’une autre alors qu’il promettait de revenir. Trompée, trahie, dévastée, Aoko a su remonter la pente grâce au travail. Le soudain départ de Tatsuki ravive ses blessures enfouies.
Que faire de ses souvenirs douloureux ?
Le manga nous présente deux manières de lutter contre la douleur et de prendre du recul. Tatsuki est bien plus positif qu’au début du manga. A l’inverse, Aoko s’en veut de n’être pas totalement guérie de son traumatisme. Il n’y a pourtant aucune culpabilité à avoir. Il faut du temps pour aller de l’avant. Heureusement, la vie n’est pas une photocopie. Mais ça aussi, il faut du temps pour le croire réellement, surtout lorsqu’on vit plusieurs mauvaises expériences qui se ressemblent.
Un souvenir douloureux n’en entraîne pas forcément un autre
Ce qui arrivé hier n’arrivera pas forcément aujourd’hui, même si le cadre semble le même. Marquée par son passé, Aoko craint que Tatsuki la trahisse comme Kumahei ; et en même temps, elle lutte contre cette pensée qu’elle sait erronée. Elle veut faire confiance à son compagnon, mais son comportement pourrait trahir un manque de confiance… Au fond, c’est peut-être à elle qu’elle ne fait plus confiance. Aoko a du mal à croire en nouveau en elle. Serait-elle capable d’aimer ? Elle craint maintenant d’être de nouveau « celle qui attend ».
Le passé devant moi, l’avenir derrière
Si l’on dit que l’avenir est devant nous, c’est bien le passé qui, concrètement, défile devant nos yeux. C’est lui qui amène l’expérience, les souvenirs bons et mauvais, la nostalgie, etc. L’avenir est derrière, car on ne le voit pas. Penser de cette manière peut aider à poser un autre regard sur sa vie, et à éviter cette « loi des séries ». Puisque l’avenir est inconnu, pourquoi projeter le passé sur lui ? Le passé, par définition, ne reviendra pas. L’avenir, par définition, n’est pas encore arrivé.
Voilà le travail que devra faire Aoko. La jeune femme est bien consciente de ses limites, et ne veut surtout pas assombrir l’humeur positive de Tatsuki. Heureusement pour elle, l’homme est d’une bienveillance à toute épreuve… Rendez-vous en Finlande.
Les infos en plus
- Crédit image : © KODAMA Yuki / Shôgakukan / 2018
- The Blue Flowers and The Ceramic Forest – éditions Mangetsu
- Effets sonores : Zapsplat.com
- Générique du podcast : Hands of the wind, de Manuel DELSOL


