Mon Histoire, le manga
A la base, Mon histoire (俺物語 !! – Ore monogatari !!) est un manga de KAWAHARA Kazune (scénariste) et Aruko (dessinatrice). Le shôjo manga est sorti au Japon en 2012 chez la Shûeisha (prépublié chez Betsuma). Il compte 14 tomes. Le dernier tome est un bonus sorti en 2024, présentant les héros quelques années plus tard… En France, le manga est paru en 2014 chez Kana. Il s’est terminé en 2017 avec le tome 13. Un anime de 24 épisodes est sorti en 2015, réalisé par le studio Madhouse. D’abord visible sur Crunchyroll, l’anime est arrivé plus récemment dans le catalogue de Netflix.
Mon Histoire, l’histoire
Mon Histoire raconte le quotidien de GODA Takeo, sympathique lycéen vivant paisiblement aux côtés de son meilleur ami et voisin SUNAKAWA Makoto. Depuis l’enfance, les deux ados sont inséparables. A priori, ils n’ont rien en commun. Takeo est un sportif accompli, toujours partant pour de nouvelles aventures. Makoto préfère vivre l’aventure dans ses bouquins. Même physiquement, Takeo et Makoto, c’est le jour et la nuit.
Takeo est très grand. Du genre colosse. Makoto est un lycéen banal. Et beau gosse, d’accord. Toutes les filles le reluquent, mais il s’en fiche, car ce qui l’éclate, ce sont les livres. Et passer du temps avec son pote Takeo. Takeo qui, contrairement à son meilleur ami, voudrait bien une petite amie… Hélas, s’il est la coqueluche des gars, il est moins bien vu par les filles, qui lui préfèrent Makoto. Dès qu’il s’intéresse à une fille, celle-ci le laisse tomber pour sauter sur son meilleur ami.
La belle rencontre
Mais un jour, alors qu’il est dans les transports en commun, Takeo est témoin d’une agression. N’écoutant que son courage, il délivre une jeune fille des griffes d’un affreux pervers. La jeune fille se nomme YAMATO Rinko. Mais ça, Takeo l’ignore. Il s’est envolé comme le vent, tel le justicier solitaire. Mais Rinko parvient à le retrouver… chez lui.
Le garçon est avec son meilleur ami Makoto, et se fige devant ce qu’il considère comme une apparition : une jeune fille, dans sa chambre, pensez-vous ! Le choc continue, car Takeo réalise qu’en partant, Rinko a oublié son téléphone portable… Il devra donc lui rendre… mais le jeune homme se méprend. En effet, il est certain que Rinko louche sur son meilleur ami. Lui-même est tombé sous le charme de l’adolescente, mais se promet de tout faire pour la rapprocher de Makoto. Makoto qui n’est nullement intéressé, et qui a bien compris qu’il n’intéresse pas non plus Rinko.
Celui qu’elle aime, c’est Takeo.
Mon histoire d’amour rafraîchissante
Drôle, touchant, rafraîchissant… Mon Histoire est un sympathique anime pansement. Les dessins sont jolis, l’ambiance est paisible et drôle. Très vite, on se prend d’amitié pour Takeo et Makoto, puis Rinko et leurs autres amis. Chaque épisode est l’occasion de mettre en avant un événement particulier : l’anniversaire, les vacances à la mer, Noël, la Saint-Valentin, les relations de famille, les amis… Les autrices du manga d’origine se servent justement de ce cadre bienveillant et chaleureux pour dénoncer les discriminations.
Au-delà des apparences
Takeo est raillé par les filles à cause de son physique. Les inconnus ont peur de lui. Lorsqu’il fait le bien (et il ne cesse de faire de bonnes actions), les gens attribuent tout le mérite à son meilleur ami… qui ne cesse de dire qu’il n’a rien fait. Au fond, les autrices nous appellent à regarder au-delà des apparences.
Physiquement, effectivement, Takeo impressionne. Sa taille et sa corpulence ne correspondent pas à un adolescent lambda (ni même à un adulte). Les autrices ont poussé la carte du surhomme pour mieux mettre en avant un paradoxe qui n’en est pas un. Takeo a un physique de surhomme et est d’une gentillesse et d’une loyauté sans pareilles. Il aime les pâtisseries et les choses mignonnes. Il aime sa famille, ses amis. Et il nous pose cette question : pourquoi cela choquerait-il ? Pourquoi lui prêter de mauvaises intentions parce qu’il est imposant ? Pourquoi penser automatiquement qu’il doit être violent, méchant, agressif ?
Certaines scènes font particulièrement réagir. Ce sont ces fameuses scènes où Takeo secourt une personne, mais suscite l’effroi. Personne ne lui dit merci, au contraire : on le fuit, on le traite de monstre. C’est Makoto qui reçoit les éloges. Ces scènes sont présentées sous forme comique pour mieux faire passer le message : Takeo devient la victime. Et les victimes se transforment en agresseurs. Heureusement certaines « victimes-bourreaux » reconnaîtront leur méchanceté et s’excuseront. Takeo dit être habitué à ces méchancetés. Tellement habitué que cela ne le touche plus. Mais il ressent bien sûr des émotions. Le monstre n’est pas Takeo, mais toutes ces personnes qui jugent à l’apparence.
Mon histoire d’amour
Heureusement, Takeo pardonne tout de suite. Il n’a aucune rancœur envers celles qui se moquaient de lui. C’est vraiment un chic type.
Et cette qualité, comme ses nombreuses autres qualités, Rinko les voit immédiatement. Elle commence cependant par être charmée par les attributs physiques du jeune homme. Encore une bonne idée des mangakas. On aurait en effet pu craindre un développement du style « y’a pas que le physique. Ce qui compte, c’est le cœur ». Développement qui aurait conforté les tenants de la théorie « Takeo ne correspond pas aux standards de la beauté, contrairement à Makoto ».
C’est bien sûr complètement faux. Mon Histoire nous dit plutôt que la beauté est multiple. Si beaucoup de filles bavent devant Makoto, Rinko, elle, bave devant Takeo, voilà ! Elle n’a aucun intérêt pour le meilleur ami, mais reluque l’impressionnant physique du gentil héros.
Elle aime tout chez lui : des sourcils aux doigts de pieds, tout est parfait. Rinko l’aime sincèrement, et le montre.
L’histoire d’amour entre Takeo et Rinko est très touchante. Mon Histoire montre comment leur relation se construit. D’ailleurs, ici, c’est Rinko qui prend les devants. L’héroïne présente certains traits de caractère loin de l’image qu’on pourrait s’en faire. Car physiquement, Rinko fait penser aux petites héroïnes mignonnes, fragiles et timides des shôjo. Mais elle est très drôle, monte ses petites combines pour se rapprocher de Takeo, prend les devants, amorce les rapprochements physiques… Elle le dira elle-même : elle n’est pas aussi « pure » que le pense Takeo…
Autre bon point de cette romance : on nous évite les disputes faciles. Comme dans A sign of affection, Mon Histoire nous montre l’importance du dialogue, de la bienveillance et du respect dans le couple. Et dans leur belle histoire, ils peuvent compter sur un soutien de taille : Makoto.
Mon histoire d’amitié
Exceptionnel duo que celui de Takeo et Makoto. Ils s’aiment, même avec leurs caractères très différents. C’est exactement comme Takeo et Rinko : ils n’expliquent pas pourquoi ils s’aiment. Ils s’aiment, c’est tout. L’entrée de Rinko ne bouleverse pas le duo Takeo/Makoto, au contraire. Là encore, Kawahara Kazune et Aruko nous épargnent les rivalités stériles. Makoto et Rinko s’entendent très bien. Loin d’être laissé pour compte, le meilleur ami reste dans le groupe. Ils forment un joli trio.
La forte amitié entre Makoto et Takeo se voit aussi à travers l’attitude de Makoto. Derrière son côté blasé, il veille sur son ami. Il ne s’intéresse pas aux filles, surtout si elles disent du mal de Takeo. Makoto éconduit toutes les filles qui disent du mal de son meilleur ami. Son principal critère de « sélection » est donc… Takeo !
Le raisonnement de Makoto est très mature. Pour lui, Takeo est un membre de la famille. Or, quand on se met avec quelqu’un, on épouse aussi sa famille, qu’on le veuille ou non. La famille est d’ailleurs une autre thématique du manga, là aussi, développée de manière très bienveillante et touchante.
Il y aurait encore beaucoup à dire sur Mon Histoire. Une mini sortie de route peut-être, à la fin de l’anime : l’introduction d’un nouveau personnage qui ne sert à rien, sinon à renforcer la force du couple. On aurait pu s’en passer. Malgré ce petit couac (qui réserve tout de même ses belles tranches de rigolade et ses moments touchants), Mon Histoire est une très belle histoire.
Les infos en plus
- Crédit image : affiche de l’anime de Mon Histoire © KAWAHARA Kazune – Aruko / 2012 / Shûeisha.
- Mon Histoire, éditions Kana.
- Générique du podcast : Hands of the wind, de Manuel DELSOL
- Effets sonores : Zapsplat.com ; Angela PAULSON


