Hana yori dango, l’histoire

MAKINO Tsukushi survit dans le prestigieux lycée tokyoïte Eitoku. C’est la seule lycéenne boursière, et les autres le lui font bien savoir. Car les autres sont tous extrêmement riches, et pataugent dans une superficialité digne de certains personnages de Lookism. Au sommet de cette pyramide des inégalités sociales, le dangereux F4 (Flower 4). Ce groupuscule d’ultra-riches concentre les 4 plus beaux et riches héritiers du lycée. DOMYOUJI Tsukasa, le terrible leader, MIMASAKA Akira, NISHIKADO Sôjiro, et HANAZAWA Rui. Comble de l’horreur : Domyouji pratique un harcèlement scolaire à l’échelle du lycée. Quiconque lui manque de respect se retrouve violenté par l’établissement entier. Hélas, Makino va se retrouver malgré elle dans l’antre du F4. Mais l’héroïne a trouvé son combat : mettre fin à leur domination.

Hana yori dango, du manga au drama

A l’origine, Hana yori dango (Hanadan) est un manga de KAMIO Yoko (1992 – Shueisha). Long de 37 tomes, le manga s’est achevé en 2008. En France, on le retrouve chez Glénat dès 2003. En 2015, la mangaka sort Hana nochi Hare, la suite de Hanadan. Le manga est fini en 15 tomes, aussi dispo chez Glénat.

La chronique ci-dessous se concentrera sur le drama de Hana yori dango. Un drama au succès retentissant, décliné en version coréenne, chinoise et taïwanaise, et disponible gratuitement en France sur Viki. Le drama est sorti au Japon sur TBS (2005, saison 1, 9 épisodes / 2007, saison 2, 11 épisodes). Un film totalement dispensable est sorti par la suite. Le manga est aussi paru en anime.

Equipe

  • Réalisation : ISHII Yasuharu, KATAYAMA Osamu, YAMAMURO Daisuke
  • Scénario saison 1 : FUJIMOTO Yuki, TAKUMA Takayuki, TAKAHASHI Natsuko
  • Réalisation saison 2 : ISHII Yasuharu, TSUBOI Toshio, MISHIRO Shinichi, MUTO Jun
  • Scénario saison 2 : TAKUMA Takayuki

Casting principal

L’affaire du harcèlement scolaire

Hana yori dango est une belle histoire d’amitié et d’amour, sur fond de lutte des classes. L’héroïne, Makino, est un peu « seule face au monde » et ne cessera de lutter pour défendre des valeurs plus nobles que celles du F4, mené à la baguette par l’inquiétant Domyouji Tsukasa.

Le début du drama présente le harcèlement scolaire orchestré par Domyouji. Cette partie est vite remplacée par la comédie et l’amour. Qu’en est-il dans le long manga ? On espère une prise en compte plus sérieuse de cette affaire.

Le drama souffre d’un problème de rythme, qui rend certains personnages peu crédibles. En à peine 3 épisodes, l’ambiance passe du glauque au comique. Certes, le second degré est de rigueur depuis le début, mais les scènes de harcèlement des deux premiers épisodes sont particulièrement traumatisantes. Difficile de croire que les mêmes personnages versent brusquement dans le comique, sans provoquer l’émoi de leurs victimes.

Comment les 3 compères de Domyouji ont-ils pu cautionner sa dictature ? Le premier à se détacher, c’est Hanazawa Rui. L’homme aux airs princiers n’apprécie pas la violence de Domyouji et se rapproche de Makino. Mais il ne fait rien pour arrêter les violences… Mimasaka et Nihsikado font encore pire, puisqu’ils participent au harcèlement. Pourtant, ils se révèleront fins analystes, hommes de paix, et brillants conseillers. Il devient encore plus improbable qu’ils aient pu cautionner le harcèlement scolaire, et même y participer.

Hana yori dango et les quiproquos amoureux

C’est l’autre raison du succès : l’amour, ou plutôt les quiproquos amoureux. Harceleurs, mais adulés. Les petits gars du F4 jouissent d’une grande popularité. Domyouji est aimé malgré son odieux caractère. Ses acolytes Mimasaka et Nishikado, autoproclamés rois des dragueurs, ont une attitude plus que douteuse envers les femmes.

Je t’aime mon bourreau

Comment expliquer la popularité de ces héros bourreaux ? Certes, dans Hana yori dango, Domyouji changera positivement au contact de l’héroïne. De plus, Makino ne se laisse pas faire. Néanmoins, elle ne passe pas son temps à insulter le héros, contrairement à ce dernier.

On voit encore trop d’œuvres présentant des héros orgueilleux devant qui les filles frétillent. Ça induit certains mauvais comportements dans la réalité assez regrettables, voire dangereux. Les gentils sont dénigrés, forcément lourds, hypocrites ou inquiétants. Les bourreaux arrogants et violents sont présentés comme cool.

L’amitié chez le F4 et les carences de Domyouji

Hana yori dango, c’est aussi une belle histoire d’amitié et de famille. L’amitié tout d’abord, avec Makino et sa meilleure amie Yuki, ou encore, avec le F4.

Elle apparaît dès lors que le groupe met fin à son système de harcèlement. Amis d’enfance, les 4 membres du F4 s’apprécient malgré des caractères bien différents. Domyouji est celui qui manque le plus d’affection. En cause : sa mère, pour qui l’amour est un très vilain défaut.

Mal-aimé, mal compris… Domyouji est plein de carences. Hors cadre, il a mal poussé. La résistance de Makino lui permet de retrouver son chemin. Attention : son passé ne justifie pas/n’excuse pas sa violence. Certain.e.s fans du personnage tombent hélas dans ce travers. Les actes de Domyouji auraient pu coûter la vie à quelqu’un, au sens propre comme au figuré. Heureusement, le personnage finit par prendre conscience de tout le mal qu’il a fait. Au contact de Makino, il apprend à s’exprimer autrement que par les poings.

Amour toujours

Que les amateurs et amatrices de quiproquos amoureux se réjouissent : Hana yori dango, c’est les feux de l’amour version « triangle amoureux carré rond ». Certes, des manganime comme Honey Lemon Soda, ou A sign of affection, carburent aussi à la romance… mais sans quiproquo amoureux maladroits (du moins, là où je me suis arrêtée). Emportés par le tourbillon de l’amour, les protagonistes se transforment en girouettes. Exemple avec le prince Rui, qui nous fait d’incroyables pirouettes.

Parfois, c’est lorsqu’un être nous échappe qu’on se rend compte à quel point on l’appréciait. On apprend à le découvrir presque dans les yeux de l’autre, et l’on s’en veut d’être passé à côté. Que faire, alors ? Peut-on faire marche arrière ? Oui, si l’autre est toujours là, à nous attendre. Mais rien n’est moins sûr. Faut-il alors guerroyer pour reconquérir le cœur qui autrefois battait pour nous ?

Dans les comédies romantiques, il y a ici deux grandes écoles, et surtout une école bien plus populaire que l’autre.

1/Le vrai triangle amoureux

C’est l’école la moins populaire ! Elle suppose en effet un équilibre entre l’affection portée à l’un.e, à l’autre. Chacun.e à ses chances de développer son histoire d’amour.

2/Le faux triangle amoureux

C’est malheureusement le modèle le plus prisé. Ici, on a en fait un vrai couple en devenir, et un.e autre qui aime sans retour, mais s’accroche à son amour. Au mieux, cet.te autre a l’intelligence de s’effacer. Mais dans nombre de comédies romantiques, on le transforme en lourd.e, voire pire.

Parenthèse : le malheur du 3e homme (boy next door)

Attardons-nous un peu sur ce faux triangle : deux gars/une fille. Les comédies romantiques aiment présenter un boy next door sympa, drôle… tout l’inverse du héros bourreau. Mais la fille aime déjà son tortionnaire (cherchez l’erreur). Dans les « bons faux triangles », le 3e homme n’insiste pas et reste l’ami du couple (ex : le drama Un cas d’amour incurable ; le manga A sign of affection). Dans les « mauvais faux triangles », il s’acharne pour être aimé de la fille (ex : le drama You’re beautiful).

Les problèmes des faux triangles amoureux
  1. On méprise les sentiments de l’héroïne, on prend ses « non » pour des « oui ». Si elle n’aime pas le héros, elle doit forcément aimer l’autre.
  2. On suppose que les hommes gentils sont forcément rejetés par l’héroïne, qui préfère les inquiétants pervers, bourreaux, méchants, moqueurs, et tout le panel des mauvais garçons… mais qui ont un bon fond (la bonne blague).
  3. Le boy next door est l’éternel éconduit, quand bien même il est objectivement « mieux » que le héros bourreau.
  4. On encourage les relations toxiques : l’héroïne préfère le sale type.
  5. On déforme la notion de « gentil ». Le 3e homme s’acharne, devient lourd, inquiétant, suspect.
  6. Le 3e homme n’a pas l’occasion de se reconstruire, de retrouver l’amour. Tout le monde piétine ses sentiments (mais il piétine aussi ceux de l’héroïne en ne voulant pas accepter son refus)
  7. Le boy next door est souvent utilisé par l’héroïne quand elle ne va pas bien, et jeté dès qu’elle a la pêche.

Hana yori dango et la vie de famille

Retour à Hana yori dango ! Le drama présente une belle vie de famille. La « famille idéale », c’est la famille Makino ! Elle n’est pas riche, mais partage de beaux instants de bonheur… qui sont autant de richesses, non quantifiables. L’esprit familial des Makino a de quoi inspirer. La famille de l’héroïne est très attendrissante. Il y a bien sûr beaucoup de second degré, dans la présentation de cette famille omdeste. Mais derrière les rires, les membres de cette famille nous délivrent des messages simples, et d’autant plus forts :

  • Ensemble, on est mieux que tout seul.
  • La vraie force ce n’est pas de dominer l’autre, mais plutôt de marcher avec lui, en veillant à ce que chacun s’épanouisse.
  • Le vrai courage n’est pas de cacher ses faiblesses, mais plutôt, de dire quand ça ne va pas et de demander de l’aide.
  • Rire en famille, rire avec ses proches, est un excellent soin pour garder la bonne humeur.

Au fond, les Makino nous montre une belle vision de la famille telle qu’elle devrait être. Mention spéciale à Susumu, le petit frère de Tsukushi, véritable petit concentré de joie ! Un épisode très touchant lui sera réservé dans la saison 2.

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