Sorti le 16 octobre sur Netflix, Romantics Anonymous (匿名の恋人たち/Takumei no koibito tachi) est un drama japonais et coréen réalisé par TSUKIKAWA Shô, librement inspiré du du film franco-belge Les émotifs anonymes sortien 2010 etréalisé par Jean-Pierre Améris. . Doux et bienveillant, il développe une romance touchante, sur fond d’artisanat et de passion pour le chocolat. FUJIWARA Sosuke est l’héritier d’une grande entreprise de confiseries industrielles, qui rêve d’autre chose, de vrai chocolat, plus raffiné. Il trouvera son bonheur en prenant la tête de la chocolaterie Le Sauveur.
Ça tombe bien, LEE Hana est une chocolatière de renom… mais que personne ne connaît. Elle-même ne souhaite être connue de personne et préfère exercer son art à l’abri des regards… Car les regards l’effraient et rendent son quotidien compliqué. Celui de Sosuke est tout aussi difficile à gérer. Difficile en effet d’être patron quand on ne peut pas serrer la main de ses collaborateurs/trices et client.e.s. Suite à un drame survenu dans son enfance, Sosuke a développé une peur incontrôlable de tout contact physique.
Ce sont donc ces deux âmes meurtries essayant de survivre dans un monde parfois bien insensible qui vont se retrouver grâce à leur passion pour le chocolat.
Casting
OGURI Shun (Japan Sinks, Kingdom, Tokyo Dogs, Hana Kimi, Hana yori Dango…) : FUJIWARA Sosuke
HAN Hyo-Joo (Cold eyes, W:Two World Apart, Happiness…) : LEE Hana
AKANISHI Jin (Bandage, 47 Ronin…) : Hiro
NAKAMURA Yuri (Perfect world, Beyond Goodbye, KUROSAGI 2022…) : Irene
5 bonnes raisons de regarder Romantics Anonymous
Une BO sensible et touchante
Confession, c’est le nom de la chanson utilisée pour le générique de début. Elle est interprétée par Kim Chaewon, membre du girl band sud-coréen Le Sserafim. A l’origine, Confession est chantée par Park Hye Kyung. Kim Chaewon signe le remake japonais. Le titre original est de toute beauté ! On aurait d’ailleurs pu garder la version coréenne. La version japonaise est une réinterprétation fidèle, et donc tout aussi belle à écouter. La musique est douce, la voix aussi. Elle nous emporte dès les premières notes dans un univers chaud et réconfortant.
Des héros attachants
Attachants, bienveillants, sensibles, fragiles, courageux, résilients, un peu maladroits, parfois… Le duo Sosuke/Hana fonctionne à merveille. Là encore, c’est le début on est embarqués dans leur quotidien, pris par la main, intégrés à leur petit monde qui tente de se faire une place et de survivre dans le vaste monde où il faut parfois regarder les gens dans les yeux et les yeux qui nous regardent, ou il faut parfois serrer les mains et se laisser prendre par la main.
Sosuke et Hana souffrent. Lui ne peut plus toucher les gens depuis un traumatisme vécu dans l’enfance. Elle souffre de scopophobie. La scopophobie est un trouble anxieux, une peur maladive du regard de l’autre. Cette peur, irrationnelle limite considérablement la vie sociale. On le voit avec Hana, qui ne peut pas vivre une vie ordinaire. Elle travaille de chez elle, sort peu, évite les vêtements voyants, même si elle voudrait en mettre. Mais elle voudrait changer.
Une romance douce et sensible, qui fonctionne dès les premiers instants
La romance entre Sosuke et Hana est à l’image de bande originale du drama : douce, bienveillante. Très vite, s’encouragent, se motivent. Ils n’ont pas peur de montrer leur fragilité. C’est ce qui fait leur force. Quel ravissement de voir un personnage de patron chaleureux, qui n’a pas peur de montrer ses failles ! On est à des années-lumière de ces héros patrons de comédies romantiques qui ternissent l’écran avec leur cruauté.
Petit à petit, la romance s’installe avec pudeur. Comme Sosuke, Hana est terriblement attachante. On se plait à la voir en train de faire du chocolat. On l’encourage lorsqu’elle ose sortir, lorsqu’elle ose, peu à peu, prendre sa place dans ce monde… Car oui, tout le monde a une place.
Des personnages secondaires bien développés
Les personnages secondaires ont leur histoire propre, qu’on se plait à découvrir. Hiro, l’ami de Sosuke, est sommelier et gérant de bar. Il a une personnalité plus décontractée que celle de son ami, mais est tout aussi sensible et affectueux. Les deux se complètent bien. Très rapidement, on se fait aussi une idée de l’équipe qui travaille dans la boutique Le Sauveur. Même s’ils travaillent ensemble, des rivalités peuvent survenir, surtout lorsqu’un.e inconnu.e surgit avec des créations chocolatières révolutionnaires…
Comment s’aimer ? C’est ce dont parle Irene, psychologue de renom, qui anime des groupes de parole. Son mot d’ordre : se dire à soi-même que ça va. Ça va aller. Les phrases les plus banales sont peut-être les plus difficiles à dire, et à croire. Il ne s’agit d’ailleurs pas de les croire tout de suite. Il s’agit de s’apaiser, tout d’abord. C’est aussi une manière de combattre, dans la douceur.
On est souvent très dur avec soi-même. On se déteste pour ce qu’on est. Hana et Sosuke se détestent, car ils n’arrivent pas à naviguer dans ce monde. Mais en se détestant, ils ne parviennent pas non plus à s’aimer assez pour s’imaginer naviguer dans ce monde. Ils ont besoin d’être encouragés. Ils ont besoin d’empathie, de sympathie, de chaleur, de bienveillance. Et nous aussi.
Un cadre de travail idéal
Ce qui frappe dans le drama, c’est aussi ce cadre paisible. La série a été tournée en Hokkaido, et nous dévoile de très beaux paysages. On est dans un écrin, un peu en dehors du temps, par moment. Le cadre idéal, on le trouve aussi dans la boutique Le Sauveur. Dans le drama, pas de quiproquos à l’emporte-pièce. Les salariés travaillent dans une ambiance détendue. L’arrivée de Sosuke au poste de directeur ne provoque pas de conflits, au contraire. Se développe très vite une relation de confiance réciproque.
Sosuke ne s’impose pas en caricature de patron méchant. Il montre volontiers qu’il ne sait pas tout, et compte sur ses employés pour l’aider… surtout sur Hana… Les salariés sont tout aussi prévenants. Ça n’empêche bien sûr pas les incompréhensions, les frustrations, les conflits, mais ils se règlent toujours rapidement, avec sagesse. Chacun fait attention à l’autre. Chacun fait des efforts pour l’autre. Et faire cela, c’est aussi faire des efforts pour soi. Cette vision du monde du travail est très réconfortante.
Glissade
Soulevons tout de même une glissade dans le drama. Lorsqu’on crée une scène pour mettre en valeur le jeu de jambes impressionnant du héros, ça fait parfois des couacs. Une scène, sur fond de vol, sera particulièrement dérangeante et malaisante.
Romantics Anonymous, un drama pansement
Romantics Anonymous nous délivre un message tout en finesse et en douceur. Il nous montre à quel point on a besoin les uns des autres. Une évidence, certes. Mais à voir comment on aime se juger, se jalouser, et s’assassiner à coup de regards moqueurs et de paroles blessantes, on est en droit de se poser quelques questions. Pourquoi se moquer des difficultés de l’autre ? Pourquoi ne pas au contraire tendre la main, laisser parler sa gentillesse… on a beaucoup parlé de gentillesse avec le manga Le petit monde de Machida. Il est question, ici, de gentillesse.
Soyons plus aimables les uns envers les autres. Allons vers celles et ceux qui ont des difficultés. Essayons de nous comprendre, comme font Sosuke et Hana. Romantics Anonymous est un excellent drama pansement, qui ravit et réchauffe le cœur. Ça ira.
Les infos en plus
- Crédit image : Romantics Anonymous © Netflix (2025)
- Making of (en japonais)
- Générique du podcast et effets sonores : Zapsplat.com ; Angela PAULSON


