Précédemment dans A sign of affection : épisode 41, épisode 46.
A sign of affection, le manga
Pour rappel, A sign of affection, c’est l’excellent, que dis-je, le brillant, que dis-je, l’étincellement manga du duo d’autrices suu MORISHITA. Publié au Japon chez la Kôdansha depuis 2019 (titre VO : ゆびさきと恋々/ Yubisaki to Renren), le manga est sorti en France chez Akata depuis 2021. La série est toujours en cours avec 10 tomes sortis au Japon et 8 en France. L’anime de A sign of affection est sorti en début d’année (dispo sur Crunchyroll). Il est fait par le studio Ajiado avec MURANO Yûta à la réalisation et YONAIYAMA Yoko au scénario.
A sign of affection : l’histoire
Yuki et Itsuomi étudient dans la même fac et se rencontrent fortuitement un beau jour, n’est-ce pas, dans les transports en commun. Par la suite les deux étudiants vont garder contact et… voilà. L’intérêt mutuel se transforme assez vite en amour. Yuki est sourde, et fait découvrir son monde à Itsuomi. Itsuomi aussi fait découvrir son monde à Yuki. Le manga est très touchant, sincère, doux, et bienveillant
Un doux manga plein d’affection
A manga magnifique, chronique dithyrambique !
Yuki
Yuki a un caractère déterminé. On aurait pu craindre une héroïne dans le cliché des héroïnes, notamment de shôjo manga. Passive, qui se laisse porter par les évènements etc. Je rappelle d’ailleurs qu’il existe de nombreuses héroïnes de shôjo à l’exact opposé de ce cliché. A sign of affection nous le montre, avec une Yuki brave et déterminée. C’est elle qui fait le premier pas avec Itsuomi. Elle n’est pas enfermée par son handicap, mais à appris à vivre avec lui, à vivre tout court.
Yuki étudie à la fac, travaille… Avec Itsuomi, elle veut encore plus élargir son monde. J’aime beaucoup son caractère. Yuki est très sociable, même si elle pense parfois le contraire. Plongée dans des milieux qu’elle ne connaît pas, elle fonce quand même. Avec son naturel, son empathie et sa grande sympathie, elle met tout le monde dans sa poche.
Itsuomi
De l’autre côté, le caractère désinvolte de Itsuomi est très reposant ! Tombe-t-il dans le gouffre sans fond du « prince parfait » ? A le voir si sympa, on pourrait le penser. On en parlait la semaine dernière, avec notre Kunimatsu. Mais non, tout comme Kunimatsu, Itsuomi n’a rien du « prince parfait ». Encore une fois, à force de ne voir que d’horribles énergumènes dans les séries (mais qui ont un petit cœur tremblant, n’est-ce pas) on regarde avec suspicion tous les personnages un poil gentils. A Machida aussi, on a cherché des embrouilles, juste parce qu’il disait bonjour.
Itsuomi ne fait rien d’extraordinaire : il est sympa, met les gens à l’aise. Curieux, il va vers les autres parce qu’il a envie de découvrir d’autres manières de faire, de penser. C’est tout. Rien de bien spectaculaire. Et justement, les autrices parviennent à faire ressentir sa sympathie et sa désinvolture avec naturel, sans pour autant en faire quelqu’un d’incroyable. Il est juste humain. Des gens comme lui, on en trouve plein. Mais oui.
Pas de méchant(e) du coin
Dans ce tome 8, on continue de suivre la relation de Yuki et Itsumi. Les sorties, les amis, les moments à deux, les moments seuls avec leurs amis respectifs, les parents, la vie. Et là encore, les autrices réussissent à nous décrire ces moments du quotidien avec douceur et simplicité. Et surtout, sans introduire de nouveaux personnages.
On voit parfois, dans les séries, de nouveaux personnages arriver quand le couple se crée. L’ex-copain, l’ex-copine épisode 1, 2, 3, 45 etc. Le/la pote de fac qui devient le/la rival.e et crée des quiproquos à n’en plus finir. Et le couple se dispute 1000 fois sur des broutilles, parce qu’ils ne parlent pas, mais gobent tout ce que d’autres leurs disent.
Heureusement, le scénario de A sign of affection évite ce cliché. Yuki et Itsumi parlent beaucoup, et dès le début. Ils ont leur langage, apprennent à décrypter le moindre changement chez l’autre, dans le regard, la posture… Dès qu’il y a risque de malentendu, ils expliquent.
Plutôt que de nous servir l’éternel soupe des couples de façade, où chacun reste muré dans son monde, les autrices nous montrent un véritable couple, ou deux mondes se rencontrent pour créer un monde nouveau. C’est comme les comptes bancaires (ah oui on sort l’exemple financier!).
A travers leur histoire touchante, les autrices nous montrent qu’une autre voie est toujours possible : celle du pas vers l’autre, de l’empathie, de l’écoute, du partage, de la remise en question, pour faire encore un pas de plus vers l’autre.
Douceur à l’infini pluriel
C’est un autre point fort du manga. Il s’en dégage une extrême douceur. Elle se voit dans l’histoire, le scénario, les caractères des personnages, les dessins. Le trait est très doux, la ligne et fine, élégante. Les yeux des personnages sont particulièrement expressifs et leurs mains sont tout aussi détaillées.
Un grand soin est aussi apporté aux vêtements. Chacun a son look, bien affirmé. Mention spéciale à Shin, au look est à la fois décontracté et recherché. Je n’ai pas du tout parlé des autres personnages, mais il y en a, bien sûr. Aussi attachants que Yuki et Itsuomi, ils sont travaillés et ont leur propre histoire. On apprécie de les retrouver eux seulement, sans Yuki et Itsu. Shin, Rin, Ema, Kyôya et Oshi dégagent, chacun à leur manière, une grande douceur.
Les infos en plus
Crédit image : A Sign of Affection © suu Morishita/Kodansha
Retrouvez A sign of affection aux éditions Akata.
Générique du podcast : Hands of the wind, de Manuel DELSOL


