Précédemment dans Le 19e spécialiste.
Pour rappel, Le 19e spécialiste (19番目のカルテ 徳重晃の問診 : 19-banme no Carte – Tokushige Akira no Monshin)est un manga de KUJIYA Katsuhito supervisé par KAWASHITA Takeshi, publié depuis 2019 chez Coamix. En France, on l’a d’abord trouvé en ligne, sur feu la plateforme Piccoma.
Le 19e spécialiste
Le 19e spécialiste, c’est le docteur TOKUSHIGE. L’homme est médecin généraliste et vient d’intégrer un hôpital. Problème : les autres médecins ne voient pas son arrivée d’un bon œil. Pour eux, la médecine générale ne sert à rien. Mais l’homme se montrera rapidement indispensable, entre des médecins parfois trop coincés dans leur spécialité et des patients qui se sentent incompris. Impressionnée par la « philosophie Tokushige », TAKINO, interne en chirurgie orthopédique, change d’orientation et décide de devenir généraliste.
Certains médecins spécialisés dans tel ou tel domaine ont tendance à ne voir le patient que par l’ornière de leur spécialité. Seule la médecine générale (qui est aussi une spécialité) étudie la personne dans son entièreté. Empathique, le manga nous rappelle que le malade n’est pas qu’un corps, un organe, un pied, un œil douloureux. C’est une personne.
Le 19e spécialiste en drama
Le manga a été adapté en drama. Diffusé sur TBS, le drama est disponible depuis cet été sur Netflix. 4 épisodes sont sortis pour l’instant.
- Réalisation : AOYAMA Takahiro, TANAZAWA Takayoshi, IZUMI Masahide
- Scénario : TSUBOTA Fumi
Casting
- MATSUMOTO Jun (Tokushige) : Hana Yori dango, Heartbroken chocolatier…
- KOSHIBA Fuka (Takino) : Born to be on air…
La fiction rejoint la réalité. Les hôpitaux cherchent à grappiller des sous, les médecins manquent, le système surchauffe…
Pénurie de médecins en France
25 avril 2025. En déplacement dans le Cantal, le Premier ministre français François BAYROU dévoile son plan de lutte contre les déserts médicaux. Selon les chiffres du gouvernement, en 2024, 87 % de la France métropolitaine et d’outre-mer est classée « désert médical ». 6 millions de Français n’ont pas de médecin traitant.
Quelles solutions ? Pour l’exécutif, la première solution passe par l’augmentation de l’offre de formation, dès la rentrée 2026. A cette date, le gouvernement estime qu’il y aura plus de 3 700 internes de 4e année en médecine générale.
Autre chantier : lutter contre la paperasse. Les formalités administratives prennent en effet un précieux temps aux médecins qui en manquent déjà.
Autre idée, qui fait débat : réguler l’installation des médecins.
Faut-il réguler l’installation des médecins ?
Dans un communiqué du 26 mars 2025, les organisations syndicales des médecins rejetaient une proposition de loi antérieure (déposée le 13 février 2025) sur les déserts médicaux. Elle proposait notamment de réguler l’installation des médecins libéraux. Le 9 mai 2025, l’Assemblée nationale adopte le texte en première lecture, contre l’avis du gouvernement. Reste à attendre la décision du Sénat.
Médecins et patients sont des personnes sur le même bateau. C’est justement ce qu’essaie de nous faire comprendre le docteur Tokushige. La question serait donc : comment faire en sorte que la rencontre soit harmonieuse ? Car médecins et patients visent le même objectif : la guérison ou du moins, la diminution de la douleur, la meilleure écoute, la meilleure qualité de vie, le bien-être.
Hélas, il semble presque que ces vœux, pourtant au cœur de l’activité médicale, soient pris comme des vœux naïfs, moins importants que les économies indispensables à faire à l’hôpital. Mais on voit bien ici les limites de cette pensée arithmétique. On ne peut par exemple pas faire du tout ambulatoire pour réduire le nombre de lits et donc prendre plus de patients. Car l’hôpital n’est pas une entreprise. C’est un lieu d’accueil, de soins, d’accompagnement. Ces données, non quantifiables, sont tout aussi importantes que les chiffres.
Et ailleurs ?
En 2023, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) avertit : de plus en plus de médecins exercent alors qu’ils s’approchent de l’âge de la retraite ou devraient être à la retraite. En Europe, 30 % des médecins ont plus de 65 ans. Le risque : un grand nombre de départs à la retraite dans un temps relativement court, un temps qui ne pourrait être comblé par les arrivées de jeunes médecins.
Autre dossier : les jeunes médecins ne veulent plus s’épuiser dans d’interminables semaines de travail de 60h et plus, et on les comprend. La crise sanitaire a mis en lumière les problèmes des systèmes de soin. Epuisement professionnel, surmenage, manque d’écoute, de reconnaissance…
La suite dans un prochain épisode.
Les infos en plus
- Crédit image © TBS / (2025)
- Générique du podcast : Hands of the wind, de Manuel DELSOL
- Effets sonores : Zapsplat.com


