Précédemment dans The Blue Flowers and The Ceramic Forest.

The Blue Flowers and The Ceramic Forest, le manga de KODAMA Yuki, s’est achevé le mois dernier, avec son 10e volume. Edité en France par Mangetsu, il nous présente le printemps d’Aoko et Tatsuki, deux artistes qui vont apprendre à affronter leur passé pour avancer, dans la vie professionnelle comme dans la vie personnelle. Le manga est un petit écrin de bienveillance que l’on ouvre avec ravissement. La malheureuse glissade du tome 8 n’empêche pas l’histoire de reprendre dans l’empathie, la bienveillance, et le dialogue.

! Attention spoilers !
La présente chronique dévoilera des éléments de l’intrigue.
! Vous voilà prévenu.e.s !

Retrouver le bonheur passé

Aoko et Tatsuki sont en pleine tourmente. Tatsuki reçoit une occasion en or : partir un mois en Finlande pour exposer ses œuvres. Mais cette chance est une épreuve pour Aoko, qui replonge dans un passé pas si lointain, où un autre homme de sa vie, Kumahei, partait soi-disant un cours moment. N’écoutant que sa peur, Aoko quitte Tatsuki. Et l’homme, jusqu’alors bien rationnel, réagit à l’émotion négative par l’émotion négative. Si elle le quitte, il quittera définitivement Hasami.

En voulant se protéger, Aoko a créé son propre malheur. Comment remonter la pente ? Le quotidien reprend, et Aoko parvient à s’accrocher au travail. Mais elle finit par regretter sa décision. C’est décidé : elle part récupérer son homme. Direction la Finlande ! Son entourage est stupéfait. Celle qui craignait le changement s’embarque pour une aventure périlleuse. C’est justement ce qui lui permet de se projeter positivement.

Arrivée en Finlande, elle se rend à l’exposition qui avait accueilli Tatsuki. Mais à cause d’un léger quiproquo, on lui fait comprendre que son amoureux est inconnu au bataillon. Aidée à distance par son amie Shinobu, Aoko persévère. Mais rien à faire : Tatsuki est introuvable. Malgré les encouragements de Shinobu, Aoko déprime. Est-ce donc vraiment la fin ? C’est alors que le miracle vient. Tatsuki est là. C’est le bonheur retrouvé.

De l’art de pardonner

Le tome 9 de The Blue Flowers présente les heureuses et très attendues retrouvailles d’Aoko et Tatsuki. La jeune femme craignait que le trentenaire se montre froid avec elle. Elle s’y était même préparée, car c’est elle qui avait décidé de rompre. Mais Tatsuki n’a pas du tout réagi comme une caricature de personnage meurtri. Bien sûr, il aime toujours Aoko. Il reconnaît même sa part de responsabilité : il est parti sur un coup de tête, blessé d’avoir été rejeté. Mais son action n’était-elle pas de la lâcheté ?

Chacun reconnaît ses torts. Chacun se pardonne ; ils s’étaient déjà pardonnés, au fond. On retrouve ici tout ce qui a fait le charme de la série jusqu’à présent : les personnages sont posés, matures, réfléchis. Ils peuvent, enfin, se projeter positivement vers l’avenir… c’est ce que l’on découvre avec grande joie dans le dernier tome.

Le bonheur retrouvé

Malgré le couac du tome 8, The Blue Flowers and The Ceramic Forest est un excellent manga. Un bon manga pansement. On découvre le monde de la poterie, on rencontre des artisan.e.s passionné.e.s, et bien sûr, on suit la belle histoire d’amour entre Aoko et Tatsuki. Une histoire simple, belle et touchante, qui nous montre l’importance de bien vivre dans le présent, pour penser positivement l’avenir.

A force de ruminer son passé, Aoko a failli passer à côté du bonheur. Tatsuki, lui, était parvenu à surmonter ses traumatismes, grâce à Aoko, d’ailleurs. Mais la jeune femme est restée paralysée par ses peurs, même après s’être mise en couple avec Tatsuki. Le résultat, c’est cette fameuse crise du tome 8, où la trentenaire raisonne avec sa peur. Une peur qui empoisonne son couple.

Non à la peur

C’est l’une des leçons du manga. On ne raisonne pas avec la peur. On la chasse, et on lutte pour la tenir loin de nous. Plus facile à dire qu’à faire… on est nombreux à cheminer avec des peurs, des angoisses, des trucs enfouis qui surgissent dès qu’on veut avancer. On vit parfois malgré nous dans des zones de confort, parce que l’avenir fait peur. Ça n’a pas marché dans le passé. Pourquoi ça marcherait cette fois-ci ?

Le problème, c’est que la peur prétend savoir ce qu’elle ignore. La peur ne connaît pas l’avenir. Elle nous fait cependant croire le contraire en plaquant sur l’avenir de l’inquiétude, du stress, des émotions négatives. Elle n’a pas à faire beaucoup d’efforts pour cela. Les émotions négatives sont les premières disponibles dans le pack des émotions humaines.

Certain.e.s pensent qu’être adulte, c’est être un peu sombre, un peu « journal télé ». Certes, les temps sont durs. C’est justement pour cela que l’on peut essayer de sourire, de penser positivement. Ce n’est pas un truc pour fanfaronner. C’est une lutte bien vivre sa journée. Là encore, plus facile à dire qu’à faire, surtout lorsque le bonheur semble inaccessible. Si possible, on peut se faire aider, comme Aoko, par ses amis, sa famille… Le contact bienveillant des autres est une arme redoutable contre les pensées négatives. Ensemble, on est plus fort, on va plus loin, on raisonne mieux, on va mieux. C’est ce que nous montrent Aoko, Tatsuki, leur famille, et leurs amis.

Les infos en plus

  • Crédit image The Blue Flowers and The Ceramic Forest © KODAMA Yuki/ Shodensha (2018) 
  • The Blue Flowers and The Ceramic Forest : éditions Mangetsu
  • Générique du podcast : Joy to the world/Jingle bells Jes SMITH (Zapsplat)
  • Effets sonores : Zapsplat.com, Angela PAULSON

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