Précédemment dans Migi & Dali.
Migi et Dali, l’histoire
Février 1990 Kobe. Village d’Origon. Banlieue chic et tranquille, à l’américaine.
Maison des Sonoyama. C’est l’effervescence, chez Madame et Monsieur. Ils vont avoir un fils. Enfin, leur premier enfant ! Un doux garçon prénommé « Hitori ».
Les Sonoyama l’ont rencontré lors d’une visite à l’orphelinat. Alors qu’ils quittaient les lieux, émus et ravis, ils sont tombés sur ce ravissant garçon blond, bravant le froid pour secourir un petit chat. Peu avant, n’était-ce pas ce même petit innocent qui rattrapait le chapeau de Madame, pris dans une soudaine bourrasque ? Emerveillés, les Sonoyama s’exclament. Pas de doute. Ils viennent de rencontrer leur enfant.
Hitori, 13 ans, arrive donc chez les Sonoyama. Mais dans ses cartons, le garçon cache bien des secrets… Le plus improbable d’entre eux, c’est cet autre garçon qui surgit d’un carton, alors que les Sonoyama s’affairent en cuisine. Cet « autre », c’est le frère jumeau de « Hitori ». Hitori n’est pas « un », mais « deux ». Des jumeaux. Les parents adoptifs l’ignorent et doivent rester dans l’ignorance. « Ils » s’appellent Migi et Dali. Ils ont volontairement joué au garçon modèle pour pousser les Sonoyama à les adopter, non par amour pour le couple, mais pour revenir à Origon. Le quartier est en effet bien particulier. C’est le théâtre d’un meurtre. Un meurtre que les garçons sont bien décidés à élucider… pour se venger.
Migi et Dali, les origines
Migi et Dali est un excellent manga tiroir, manga mystère, avec des rires et de la naïveté mignonne pour les épices, et une pointe d’inquiétude amère. L’autrice, la regrettée SANO Nami (Sakamoto pour vous servir!), a réussi à nous proposer un univers riche et unique, où le sordide côtoie le comique. Le tout crée une ambiance très étrange, parfois dérangeante, souvent décalée, avec des moments de sincérité désarmante.
Au Japon, le manga, terminé en 7 tomes, est sorti en 2017, chez Enterbrain (dans le mag de prépublication Harta). C’est aussi Enterbrain qui a édité Shirley, Emma, et Brides stories grands succès de MORI Kaoru. En France, Migi et Dali est édité chez Komikku. Le premier tome est sorti en janvier 2024, le dernier tome, en juillet 2025.
Le manga se décline en anime, réalisé par le studio d’animation Geek Toys Frontier Engine, et diffusé à l’automne 2023. Les 13 épisodes de l’anime sont sur Crunchyroll.
Quotidien thriller
Il faut être fin observateur, fine observatrice, pour différencier les deux frères. Quoique : regardez la mèche !! Migi et Dali jouent bien sûr sur leur gémellité pour entourlouper leur entourage, à commencer par les Sonoyama. Mais alors que leur enquête progresse, eux aussi grandissent… dans leur cœur, de nouveaux sentiments naissent et changent la donne. Sont-ils vraiment « un », comme ils le pensent ?
La couverture « Hitori » les pousse à jouer les garçonnets sympathiques. Voilà comment la tranche de vie entre dans le thriller. Toutes ces scènes donnent au manga un rythme bien particulier, car en toile de fond, il est toujours question de mort. La mort surgira d’ailleurs brusquement, au premier plan, et glacera les esprits les plus calmes. Comment justifier pareille sauvagerie ? Car il faut bien parler de sauvagerie, derrière les visages parfaitement parfaits et la vie de famille parfaitement rangée.
« L’étrange » se voit notamment dans la gestuelle des frères. Ils semblent parfois glisser, apparaître et disparaître, se tordre et se contorsionner pour se faufiler dans quelque endroit interdit…
Les apparences derrière les apparences
On parlait de la tyrannie de l’apparence avec Mr Kim et sa vie rêvée qui virait franchement au cauchemar. Il est aussi question de tyrannie de l’apparence dans Migi et Dali. Le village d’Origon ressemble, à première vue, à une paisible cité où tout le monde se connaît. L’on se rend néanmoins compte que la perfection cache un os. Ou plutôt plusieurs. Des cadavres planqués ici et là qui ne doivent surtout pas être découverts. La question reste entière : qui est l’assassin ?
Pour Migi et Dali, tout le village est suspect, à commencer par les joyeux Sonoyama. Leur bienveillance est-elle un leurre, comme cet « Hitori » fabriqué pour l’enquête des deux frères ? Qui dit vrai, qui dit faux ? C’est dans ce tourbillon que nous entraîne le manga.
Grandir vers demain
Migi et Dali nous parle aussi de famille, d’amitié, d’amour, et de ces enfants qui deviennent grands. Tout intelligents qu’ils sont, Migi et Dali n’en restent pas moins des préadolescents. Ils ne sont pas surhumains, mais restent dans leur tranche d’âge. Parfois, on voit des histoires où des adolescents réalisent des prouesses plus incroyables que des adultes ultra-expérimentés. Ils n’ont aucun moyen matériel, mais arrivent à faire des prodiges avec rien. SANO Nami, l’autrice a heureusement été plus réaliste. Les frères font ce qu’ils peuvent. Seuls, ils ne peuvent pas tout faire.
Une famille, des amis. C’est quand même pas mal.
Les infos en plus
- Crédit image : Migi&Dali © SANO Nami / Kadokawa (2018)
- Migi & Dali : éditions Komikku
- Anime, site officiel : Migi & Dali
- Générique du podcast : Joy to the world/Jingle bells Jes SMITH (Zapsplat)
- Effets sonores/musiques : Zapsplat.com


