Précédemment dans Skip Beat!
Pour rappel, Skip Beat!, c’est la revanche de Kyoko sur la vie. Sa vie passée avec Sho, l’amour qui a volé sa naïve jeunesse. Il est désormais une star de la chanson et ne veut plus rien avoir à faire avec elle. Furieuse, l’adolescente décide de se venger. Si Sho ne veut plus la voir, elle va faire en sorte qu’il ne voit qu’elle. Sa vengeance, elle l’importe sur le territoire de Sho : le monde du showbiz. Elle ne deviendra pas chanteuse, mais actrice. Très vite, elle rencontre Ren Tsuruga, l’acteur le plus en vue du moment. Elle rencontre aussi Kanae, qui deviendra sa meilleure amie. Au contact de ces nouvelles personnes, Kyoko réapprend doucement à vivre, et à aimer. Elle se découvre une véritable passion pour le jeu. Elle ne veut plus être actrice pour se venger. Ce serait déshonorer cette belle profession. Elle veut être actrice pour elle-même. Cette première libération en entraîne une autre : la libération du cœur.
La revanche de Kyoko
Skip beat! est le grand succès de la mangaka NAKAMURA Yoshiki. Publiée au Japon depuis 2002 chez la Hakusensha, la série est toujours en cours avec 51 tomes sortis au Japon. Une longévité à saluer ! En France, c’est Casterman qui publie Skip Beat! depuis 2008. Le tome 47 est sorti il n’y a pas longtemps.
Le shôjo manga a beaucoup fait parler de lui à ses débuts. Aujourd’hui, l’engouement est retombé. Le rythme de parution est-il en cause ? On sait que les problèmes de santé de la mangaka l’ont contrainte à réduire la voilure. On a parfois tendance à l’oublier. Le rythme de parution éreintant malmène la santé de mangaka, parfois, déjà fragile. A nous de soutenir les autrices et les auteurs, en achetant leurs œuvres, bien sûr, et aussi en nous montrant patient.e.s.
Juste une mise au point
Les propos qui vont suivre n’ont absolument rien à voir avec notre long préambule. Mais c’est délicat. Si l’engouement est retombé, c’est peut-être moins dû au rythme de parution qu’au développement même de l’histoire. On sent un essoufflement depuis de nombreux tomes. Même les affaires attendues (comme l’enfance de Kyoko) tombent un peu à plat lorsqu’elles sont abordées.
Autre problème : les dialogues. Les personnages sont parfois très bavards, mais pas dans le bon sens. Dans Host Club, l’abondance des dialogues se justifie. Les personnages bavards sont loufoques ; le déferlement de paroles va avec leur caractère. Dans Skip Beat!, une forme de bavardage s’est installée, quel que soit le contexte. Cela rend les dialogues parfois lourds et totalement dispensables. Confirmation une nouvelle fois avec ce tome, qui avance pourtant dans un nouvel acte « tournage », le grand point fort de l’autrice. Hélas, la longueur des discours et l’étirement de l’action rendent certains passages assez ennuyeux à suivre.
Love story attention spoilers
Après plus de 40 tomes à se tourner autour, Kyoko et Ren viennent enfin de faire un grand pas en avant. Ils s’aiment. Youpi. Mais il n’y a rien de plus. Double youpi.
Car il faut rappeler leur différence d’âge. Au début de la série, Kyoko a 16 ans. Ren en a 20. Maintenant, elle doit au moins avoir 18 ans. Si on situe l’histoire après 2022, elle est majeure (la majorité a été baissée à 18 ans en 2022). Dans le cas contraire, elle est encore mineure, et cela explique qu’il ne se passe rien.
Mais quand bien même elle serait majeure, cette pudeur dans le développement de leur relation est compréhensible. Le vrai problème, c’est le déséquilibre de leur relation. Ren ne ressemble pas du tout à un potentiel petit-ami. Il ressemble plus (dans ce tome, du moins) à l’oncle de Kyoko, surtout lorsqu’elle s’embarque dans ses épopées de conte de fées. Sa naïveté est sidérante. Cela pouvait faire sourire au début. Ça agace aujourd’hui. On dirait qu’elle ressort toujours les mêmes schémas, les mêmes répliques, comme un disque rayé. Et Ren aussi est obligé de danser sur cette partition mal accordée.
L’arc du saut en avant ?
Cet arc sera peut-être, on l’espère, l’occasion d’approfondir les relations entre Kyoko et Ren : plus de complicité, d’équilibre. Kyoko devrait arrêter de vouvoyer Ren. Elle devrait cesser cette admiration qui frise l’idolâtrie. On pourrait par exemple avoir un équilibre à la A sign of affection. Patience, patience…
Les infos en plus
- Crédit image Skip Beat! © NAKAMURA Yoshiki / Hakusensha (2002)
- Skip Beat! : éditions Casterman
- Générique du podcast et effets sonores : Zapsplat.com ; Alan Mc Kinney


