Un grand pas pour Kyoko, pensions-nous… Alors que le tome 46 du manga nous a laissé sur une grande avancée, à quelle sauce dégusterons-nous ce tome 47 ? Patience, patience, le shôjo prend son temps…
Vengeance entrée plat dessert
Que se passe-t-il dans ce tome de Skip beat ! ? Je vous rappelle le contexte de notre affaire. Kyoko MOGAMI est, au tooooout début du manga, une jeune adolescente caricature de shôjo manga, entièrement dévouée à son meilleur ami Shô, qu’elle aime d’un amour pur de jeune fille. Mais tout vole en éclat en quelques pages. Elle découvre que Shô n’a rien du prince charmant et qu’elle a été sotte pour lui servir de serpillière durant toutes ses années. La vengeance est un plat qui se mange froid, dit-on. Kyoko la dévorera plutôt bouillante. Bien saignante. L’amour de Kyoko pour Sho se transforme en haine de chaque seconde. Le bellâtre est parti mener la belle vie de chanteur à Tokyo. Kyoko le poursuit dans l’impitoyable monde du showbiz et entre dans l’entertainment.
Très vite, ses qualités d’actrice sont repérées. La voici propulsée sur le devant de la scène, en compagnie du meilleur acteur du moment : TSURUGA Ren. A mesure qu’elle découvre le métier, Kyoko se prend d’une réelle passion pour le jeu. Elle ne veut plus utiliser l’acting pour sa vengeance ; elle a trop de respect pour la profession. Elle sera une véritable actrice, non plus portée par sa vengeance, mais par son amour pour le métier. Kyoko grandit, se débarrasse progressivement de ses sentiments haineux, pour en accueillir d’autres… Elle découvre vite les coulisses du métier, les embrouilles et les arnaques, les difficultés pour percer. Mais Kyoko est déterminée à avancer.
Skip Beat !, c’est le manga phare de Yoshiki Nakamura. Sorti en 2002 chez la Hakusensha, il est publié depuis 2008 chez Casterman. La série est toujours en cours, avec 49 tomes sortis au Japon, 47 en France.
Pas grand-chose ?
Si vous n’avez jamais lu Skip Beat !. A la semaine prochaine !! Dans cet épisode, je vais faire des révélations, n’est-ce pas, donc si vous ne voulez pas savoir que HUM HUM HUM, passez votre chemin, prenez soin de vous, et à bientôt !
Donc, je disais ! Que se passe-t-il dans ce tome ? Eh bien, pas grand-chose, et c’est un grand problème. Ça fait plusieurs tomes, beaucoup de tomes, trop de tomes maintenant, que Skip Beat ! tourne dans en rond. Il y a pourtant des avancées, des révélations, n’est-ce pas. Dans le tome précédent, Kyoko réalise enfin que Ren l’aime depuis… depuis des lustres ! Depuis le tome 11, si ma mémoire est bonne. Depuis l’arc de Dark Moon, le premier gros projet de l’héroïne. A l’époque, c’était encore palpitant. Aujourd’hui, alors qu’un nouvel arc cinéma se profile, qu’est-ce que je m’ennuie…
C’est comme si toutes les qualités du manga étaient devenues des défauts. Skip Beat ! À la base, c’est une fille punchy, vaillante, et très drôle. Aujourd’hui, la longueur et le délitement des actions rendent le caractère de Kyoko un peu moins punchy. C’est peut-être juste mon impression. Hélas, elle dure, dure…
Vraiment pas grand-chose…
Dans ce tome 47, il ne se passe rien ou presque. Les dialogues sont indigestes. Les personnages font des tartines quand ils pourraient se contenter d’un mot. Pire : leurs dialogues interminables pourraient tout simplement ne pas exister. Ils bavardent dans les voitures, ils bavardent dans la rue… Que fait Kyoko ? Elle est au parc de jeu. Ah bon, avec qui ? Ah oui, ah oh. Et même cette histoire de parc de princesses et princes… Le côté girly de Kyoko se réveille avec les paillettes. Elle est fan de princesses, de princes, et croit vraiment qu’un monde féérique existe quelque part. C’est mignon au début, un peu moins lorsqu’on réalise qu’elle croit encore toutes ces fadaises, et qu’elles ont une incidence sur l’intrigue principale. C’est encore moins drôle dans ce tome 47. Dommage, dommage…
Une question d’âge
Autre problème très gênant : le design des personnages. Dans ce tome, on voit la mère de Ren. Ah, je vous avais dit qu’il y aurait des révélations ! Si vous êtes là, c’est en connaissance de cause ! Donc oui, on voit la mère de Ren… Mais je croyais qu’il s’agissait d’une étudiante ! Quelle jeunesse ! C’est comme l’épouse de Lory, le boss de la LME, l’agence de Kyoko. Sa femme, j’ignore quel élixir elle prend, elle ressemble à une jeune femme de 20 ans (et même moins ! C’est affreux je vous dis!). Alors que Lory, lui, ben il a les traits de l’homme mûr, n’est-ce pas.
La mère de Ren, c’est la même : on dirait qu’elle a 20 ans ! Même problème pour le père d’Ogata, le jeune réalisateur de Dark Moon : il est pareil que son fils. Ces adultes font tellement « jeunes » qu’on a du mal à croire qu’ils ont des enfants majeurs…
Adieu vengeance, bonjour quoi ? Qui ?
Quel avenir pour Skip beat! et moi (rires). Je vais continuer la série, car j’ai envie de voir la suite. Mais j’attends beaucoup, et je vois grand. Le couple Kyoko/Ren, par exemple. Ça fait des lustres qu’il aurait dû être concret, de manière platonique, juste informative, quoi. Kyoko est encore mineure (17 ans) ! Et Ren est tout juste majeur (21 ans; la majorité est à 20 ans, au Japon).
L’attitude de Kyoko peut se comprendre au début, mais devient un peu agaçante sur la durée. On commence à sentir les grosses ficelles, voilà. Il y a des moments dans le manga où on sentait qu’elle pouvait réaliser que Ren l’aime. Des scènes qui auraient dû propulser le manga vers l’avant. Mais c’est comme si on remettait une pièce pour un nouveau tour de manège. Et on tourne encore en rond. C’est vraiment dommage. J’espère que leur relation n’avancera pas brusquement vers la fin de la série. Le coup du « couple pour la fin de la série », c’est nul. C’est un peu comme le « ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants ». C’est justement là que ça commence. La rencontre, l’éclosion des sentiments c’est très bien. Le développement du couple, c’est aussi très bien. J’espère que les choses deviendront vite claires de ce côté-là.
Skip Beat! reste une série avec beaucoup de potentiel et de qualité. On peut voir la nette progression côté dessins et cadrages. On voit aussi comme le côté « travail » est mis en avant. La découverte du métier, de ses difficultés, les coups bas… tout ça, c’est très bien. Je pense que la série peut se relancer avec ce nouveau gros projet cinématographique. Je l’espère, en tout cas.
Les infos en plus
Retrouvez Skip Beat! chez Casterman
Générique du podcast : Hands of the wind, de Manuel DELSOL


