L’amour au bout des mains.

Précédemment dans Le petit monde de Machida

Machida et la famille

Décidément, le gentil lycéen a une vie bien trépidante. Alors qu’il rentre des courses, il croise la route d’un restaurateur. L’homme mûr et l’adolescent contemplent le paysage. Un paysage magnifiquement ordinaire. N’est-ce pas cela, la beauté du quotidien ? « Le monde est magnifique ». Les voilà d’accord et prêts pour davantage de débats autour de la beauté du monde. Le restaurateur invite Machida à goûter ses mets. Il aimerait bien inviter sa fille, elle aussi adolescente. La beauté du monde, il la voudrait aussi pour son foyer…

Voici donc Machida sauveur des familles. A peine s’embarque-t-il dans cette nouvelle aventure qu’une autre cogne contre les carreaux de ses lunettes. Les vœux d’orientation. Quelle voie suivre pour l’avenir ? Que faire dans ce monde si magnifique ? Machida découvre que ses camarades de lycée ont des rêves, parfois, arrêtés depuis longtemps. Ils ont une orientation en tête, un métier, des projets. Le restaurateur aussi a des rêves. Et Machida ? Quels sont ces rêves ? Comment les trouver, d’abord ?

Machida et l’amour

L’adolescent en est là dans sa réflexion interne qu’une autre aventure débarque. Une aventure nature, pour admirer ce monde ci beau. Machida se met à l’heure camping et part en mini-voyage avec sa petite-sœur Niko, son amie Inohara, Hinata, le porteur du projet (qui porte quelque noble sentiment pour la jeune Niko…), et Ayumu, le cousin de Hinata. Un cousin pas très bavard. C’est dans son caractère. Mais il ne faut pas forcément déblatérer des heures pour être sympa. Ayumu est prévenant, attentif, discret, résilient, et très gentil. Machida et lui se lient naturellement d’amitié, et Machida soutient son nouveau camarade, qui, derrière son discret sourire, cache une grande peine de cœur…

Ah le cœur… ! Celui de Machida traverse une zone de turbulence. Profitant d’un peu de répit dans sa vie trépidante, il part enquêter. Comment ses parents se sont-ils rencontrés ? Qu’est-ce que l’amour ? Comment sa voisine de quartier et son mari se sont-ils rencontrés ? Qu’est-ce que l’amour ? Ses réflexions l’emmènent auprès de sa chère camarade…

Gare au dérapage

L’amour, l’adolescence, les premiers émois, le premier amour ? L’été, les fruits et légumes frais, les takoyaki, les souvenirs de jeunesse, le vent qui souffle sur les rêves et met les idées au clair. Bientôt le clap de fin pour Le petit monde de Machida. Ce tome 6 est l’avant dernier et l’on se dit déjà que Machida va bien nous manquer. Vivement la suite.

Tout de même, une aventure provoque quelque stupéfaction. Une professeure stagiaire intègre le lycée de Machida. Stressée, la pauvre jeune femme enchaîne les maladresses. Loin de lui en tenir rigueur, les autres, à commencer par les professeurs, l’encouragent. Témoin de l’une de ses mésaventures, Machida l’encourage également. Touchée, elle se met brusquement à vouloir se rapprocher de lui (mais pas des enseignants !?). La professeure se prend de passion pour Machida et voudrait qu’il l’aime en retour ! Quelle pédagogie !

Convoquée dans le bureau des professeurs, elle ne semble pas réaliser la gravité de ses actes. Heureusement, loin de céder à quelque tentation condamnable, Machida se montre là encore d’une gentillesse à tout épreuve, tout en remettant l’enseignante sur le droit chemin. Elle doit essayer d’avoir davantage confiance en elle. Contrairement à ce qu’elle pense, le monde n’est pas contre elle. Les autres enseignants et les élèves l’apprécient. Elle doit s’autoriser à s’aimer, elle aussi. Voilà une belle leçon à retenir.

Machida et la main du prochain

On a toujours besoin de quelqu’un pour nous rappeler que oui, malgré toutes les épreuves de la vie, malgré les souffrances et les zones de turbulences, « le monde est magnifique ». Mais il ne faut surtout pas sortir cette phrase sans discernement, tant elle peut, au contraire, provoquer des ravages chez celui que l’on veut encourager. Comment voir le monde magnifique lorsque tout n’est que désespoir ?

Lorsque une mère de famille du quartier de Machida montre des signes de détresse, l’adolescent compatit immédiatement. Parent, c’est un métier. Lui-même s’essaie au rôle de père un jour où, seul à la maison, il s’occupe du petit dernier pour laisser sa mère souffler. Il réalise que ce travail à plein temps n’est reconnu par personne. Personne pour vous féliciter. Personne pour vous encourager. Certes, l’on objectera que personne n’a exigé de vous des enfants.

Mais certains sortent curieusement de leurs réserve lorsqu’il s’agit de critiquer les parents. Ils ont la raillerie sur le palet, toujours prêt à juger, au parc, en promenade avec l’enfant, au supermarché, partout. La société semble condamner les parents imparfaits. Elle oublie que le monde magnifique n’est fait que d’imperfection, que les parents sont humains et peuvent se fatiguer, que les parents ont le droit de demander de l’aide. On ne grandit jamais seul. On a besoin d’un regard bienveillant, d’une parole, d’une attention. C’est ce que Machida veut devenir pour cette jeune mère de famille, pour sa mère et sa famille, pour ses amis, pour Inohara. N’est-ce pas là un beau projet de vie ?

Les infos en plus

Générique du Podcast : Hands of the wind, de Manuel Delsol 🙂

Crédit image : Machida kun no sekai © Yuki ANDO, 2015 / Shûeisha

Description de l’image : couverture du tome 6 du manga Le petit monde de Machida. Hajime Machida est assis. Il porte son uniforme scolaire : une chemise blanche à manches courtes, une cravate rayés verte et noir, un pantalon gris, une ceinture noire. Il porte un sac à dos vers. Pensif, il regarde sa main.

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