Globule rouge : Cellule sanguine transportant l’oxygène des poumons vers les tissus.

Globule blanc : Cellule du sang et du tissu lymphoïde, capable de se déplacer dans les différents tissus pour participer aux défenses immunitaires.

Larousse.


Globule rouge et Globule blanc à l’attaque

Il était une fois… le corps humain. Globule rouge grandit avec ses copines globules rouges (allez savoir pourquoi, les « filles » sont en robe, puis en short ; les « garçons » sont en pantalon…). Devenue grande, Globule rouge (en short) persévère pour livrer son oxygène sans se perdre. Mais rien ne se passe comme prévu. Le corps humain, c’est pire qu’une carte illisible. Un jour qu’elle effectue une livraison périlleuse, Globule rouge est aidée par (un) Globule blanc. C’est le début d’une belle amitié, et d’une grande aventure.

Les deux héros évoluent dans le corps de Niko, brillante lycéenne qui vit avec son père. Sa mère est décédée. Volontaire, brave, motivée, Niko ne plaisante pas avec la santé. Elle souhaite d’ailleurs devenir médecin. Son premier patient, c’est son père. Papa gâteau, Papa sympa, Shigeru est aussi un papa qui ne prend pas du tout soin de lui… S’il invoque des raisons fort louables, ses raisons l’obligent-il à se rincer à la bière et à se récurer dans les chips et autres joyeusetés qui croustillent ?


Les Brigades Immunitaires, les fiches techniques

Manga

  • Autrice : SHIMIZU Akane
  • Titre japonais : Hataraku Saibou / はたらく細胞 (saibou = cellule biologique)
  • Edition japonaise : 2015, Kodansha ; Edition française : 2017, Pika
  • Série finie en 6 tomes.

Série dérivée : Les Brigades Immunitaires BLACK

  • Scénario : HARADA Shigemitsu ; Dessin : HATSUYOSHI Issei
  • Edition japonaise : 2018, Kodansha ; Edition française : 2019, Pika
  • Série finie en 8 tomes.

Film

  • Réalisateur : TAKEUCHI Hideki
  • Scénariste : TOKUNAGA Yuichi
  • NAGANO Mei : Globule rouge (Kenshin, Mon Histoire, Famille en flammes…)
  • SATO Takeru : Globule blanc (Kenshin, First love…)
  • ASHIDA Mana : Niko (Liar game…)
  • ABE Takashi : Shigeru (Extremely Inappropriate!, Story of my family!!)
  • Sortie cinéma : décembre 2024 (Japon)
  • Sortie VOD : juin 2025 (Netflix)

Jolie famille

Si comme moi, vous ne connaissez pas le manga d’origine, no panic : on peut tout à fait suivre le film sans connaître le manga. Le film donne d’ailleurs envie de découvrir le manga d’origine.

Le point fort de ce film, c’est qu’il nous montre de manière concrète et ludique les effets positifs ou négatifs de l’environnement extérieur sur notre corps : nos modes de vies, ce qu’on mange, ce qu’on boit, le tabac… Film familial oblige, on ne s’aventure pas dans des explications pointues. Tout est fait pour que tout le monde comprenne l’essentiel, de manière simple. On a donc pris des raccourcis, tracé des autoroutes dans le corps, mis des discothèques et des champs de fleurs…

L’autre bon point, c’est la relation touchante entre Shigeru et Niko. Ils apportent beaucoup d’humanité au film. Le père et la fille s’entraident et essaient de vivre dans la joie, malgré l’absence de la mère. Il faut se projeter et rêver d’un meilleur avenir. Essayer de rester en bonne santé. Mais parfois, malgré tous nos efforts, le corps dysfonctionne… Que faire lorsque l’agression vient de l’intérieur ? Comment vivre lorsque nos propres cellules nous combattent ? Le film nous présente un message d’espoir. Les liens de la famille se renforcent face aux difficultés. Il faut aussi ça, pour que le corps continue de se battre pour vivre.

Globule rouge en short

Les globules rouges joués par des actrices sont en short. Ceux joués par des acteurs sont en pantalon. La belle affaire. Va pour la simplification, mais de là à foncer dans les clichés… Il aurait mieux valu mélanger actrices et acteurs.

Autre grincement de dents : les globules blancs, cellules défenderesses, sont joués par des acteurs. Les globules rouges sont joués par des actrices (du moins, dans le corps de Niko) ; dans le corps de Shigeru, ce sont des acteurs… en pantalon. Encore des sous-entendus étranges, car on parle de cellules ! Pourquoi « réserver » les rôles de combattants à des « hommes » ? Une seule femme incarne l’une de ces cellules combattantes. Tristesse.

Même si dans le manga, les choses sont présentées ainsi, le scénario aurait pu mélanger les acteurs et actrices, qui, j’insiste, jouent le rôle de cellules : il n’y a pas de « femme » ou « d’homme » qui tienne. Constat similaire pour des scènes jugées sensibles, comme l’action d’aller à la selle. Tout d’un coup, c’est une affaire d’homme, et d’homme viril. La bonne blague.

Globule rouge sans le haut

Deux mots sur Les Brigades Immunitaires BLACK. La couverture du tome 1 donne la couleur : le héros est un globule rouge en pantalon. L’héroïne est un globule blanc en combi, mais avec le haut complètement ouvert, laissant apparaître sa poitrine volumineuse. Cette série dérivée est un ecchi (manga érotique), à ne pas mettre entre toutes les mains, donc. Le problème, c’est que, comme d’habitude, l’érotisme coule dans les mêmes stéréotypes. Ce sont les personnages féminins qui sont dénudés, réduits au rang d’objets.

Certes, la série se voudrait plus « mature » que l’original, en partant d’un corps en mauvaise santé. Il n’y a cependant aucune maturité dans le fait de dessiner des globules blancs à moitié nus… ou alors, il fallait opter pour la parité et déshabiller également les personnages masculins.

Se rend-on seulement compte de ce que l’on montre ? On ne peut pas toujours se justifier en arguant la liberté d’expression. La liberté, ce n’est pas faire ce qu’on veut. Ça, c’est plutôt être esclave de ses désirs, de ses pulsions, et souvent pour le pire.

La liberté, c’est au contraire de lutter contre ce chaos du « tout est permis ». C’est justement celle de choisir de ne pas faire, de respecter l’autre, de ne pas dessiner des personnages féminins dans des postures avilissantes, de ne pas véhiculer d’images sexistes.

Donc, la version Black, non merci. Si vous voulez découvrir Les Brigades immunitaires, mieux vaut le manga d’origine. Quant au film, je vous le recommande. Malgré les petites glissades, on passe un moment sympathique. C’est un bon film familial, sensible, drôle et touchant.

Les infos en plus

  • Crédit image Hataraku Saibou © Warner Bros (2024) 
  • Site officiel : Hataraku Saibou
  • Générique du podcast et effets sonores : Zapsplat.com  Alan Mc Kinney

Laisser une réponse

Votre adresse email ne sera pas publiée.Les champs obligatoires sont marqués *