Précédemment dans My Happy Marriage.


La fiche technique

  • Titre : My Happy Marriage (わたしの幸せな結婚 watashi no shiawase na kekkon / Mon heureux mariage).
  • Origine : série de lights novels écrits par AGITOGI Akumi et illustrés par TSUIKIOKA Tsukiho. Romans en cours de publication : 8 volumes sortis chez Fujimi Shobo (Japon), un volume sorti en France (Vega).
  • Adaptation manga : Square Enix (Japon) ; Kurokawa (France). 5 tomes sortis.
  • Adaptation anime : Kinema Citrus Kurokawa et les lights novels chez Vega depuis peu !

L’histoire

Situé dans un Japon imaginaire (début XXe), My Happy Marriage nous présente l’évolution Miyo, héroïne aux pouvoirs insoupçonnés hélas victime des mauvais traitements de sa famille, les Saimori. Depuis la mort de Sumi, sa mère, survenue alors que Miyo était encore enfant, le doux quotidien s’est transformé en cauchemar.

Persuadés qu’elle n’a aucun pouvoir, les Saimori expédient Miyo chez les Kudo. Miyo épousera le commandant KUDO Kiyoka, à la tête de l’unité anti-grotesquerie de l’empire. Les grotesques sont des monstres maléfiques. Mais Kiyoka est réputé tout aussi monstrueux qu’eux… C’est en fait tout l’inverse que découvre Miyo. Ses parents ne l’ont pas précipitée dans l’horreur, comme ils le pensaient, mais dans le bonheur.

La saison 1 de l’anime montre sur la nouvelle vie de Miyo, auprès de Kiyoka. C’est toute une éducation des sentiments qu’il lui faut apprivoiser. Mais elle peut compter sur son fiancé et son nouvel entourage. Elle devra également apprendre à maîtriser son pouvoir… Contrairement à ce que les Saimori pensaient, Miyo est très forte : l’incroyable « vision onirique », qui la rendrait quasiment invincible…

ATTENTION REVELATIONS
L’article ci-dessous contient moult détails concernant la saison 2 de My Happy Marriage !!

My Happy Marriage, saison 2

La saison 2 commence avec un défi de taille : affronter la mère de Kiyoka. Miyo et Kiyoka séjournent quelque temps dans la famille KUDO, mais pas vraiment pour se la couler douce. Kiyoka enquête sur de nouvelles attaques de monstres. Miyo tente d’apprivoiser sa belle-mère… qui la traite en servante et l’opprime. Le beau-père soutient Miyo en cachette… Pauvres belles-mères ! Pourquoi donc les présenter toujours de cette manière ? Cessons de les brimer !

De son côté, Kiyoka bataille contre les monstres. Derrière ces horreurs se cache une sombre organisation hostile à l’empereur. Leur chef se nomme USUI Naoshi. Autrefois très attaché à Sumi, la mère de Miyo, il veut s’emparer du pouvoir de Miyo pour détruire le monde et en recréer pour Miyo, sa mère décédée, et lui. Rien que ça.

Le caractère de Miyo

Sur le côté magie, mon avis n’a bien sûr pas changé : ce n’est pas ma tasse de thé. Donc, passons.

Focus sur le caractère de Miyo. On en parlait justement avec ma collègue Nico du Club-shojo. Certain.e.s trouvent Miyo trop soumise. Ses « danna sama » (mon mari) à répétition agacent. Nico rappelait cependant à juste titre que le caractère de Miyo a été marqué par son passé. Comment être épanoui.e en étant opprimé.e au quotidien ? Certes, sa vie avec Kiyoka la coupe de l’horreur qu’elle vivait. Mais cette coupure ne brise pas les liens et les mécanismes de défense qu’elle a intériorisés. Il lui faudra du temps, et il faut du temps, pour sortir de ce schéma et commencer à aller de l’avant.

Hélas, elle n’est pas assez mise en avant. On la dit très forte, mais on ne la voit peu en action. Il y a toujours ici, hélas, une dévalorisation du pouvoir lorsqu’il est détenu par un personnage féminin. La transcendance, le dépassement de soi, sont rarement vus chez les héroïnes. Quand c’est le personnage masculin le plus fort, il y a rarement toutes ces tergiversations, même si ledit garçon a connu un passé difficile.

A contrario, l’héroïne doit être protégée, son pouvoir est trop grand, elle a peur… Mais c’est humain, d’avoir peur. Ce sont plutôt les caractères de ces héros masculins qu’il faudrait changer. A force de les voir ne jamais pleurer et supporter toutes les douleurs du monde en riant, on pense à tort que les filles qui montrent leur peur sont nulles.

Au fond, il s’agit d’un problème de transcendance, de dépassement de soi.

Une question de transcendance

Qu’est-ce que l’héroïsme ? On a pris l’habitude, dans les fictions, de montrer l’héroïsme du personnage masculin par la transcendance. Dans la grotte, Yusuke (Yuyu Hakusho) se transcende (je vous ressors toujours le même exemple, oui). Kiyoka aussi se dépasse pour défendre Miyo.

Ce comportement spectaculaire est hélas devenu si habituel qu’en comparaison, le comportement des personnages féminins est jugé fade. Or, c’est bien ce comportement qui est le plus réaliste. Au fond, tous ces garçons qui hurlent et cassent des briques au lieu de pleurer représentent un objectif irréaliste et irréalisable. Mais on a rendu leur performance hors du commun si classique qu’elle devient un passage obligé.

Lorsqu’il est question des filles, plus de transcendance. Certains disent que Miyo pleure trop. Mais comment ne pas pleurer après les traumatismes qu’elle a subis ? Ce sont plutôt les comportements de garçons n’exprimant jamais aucun sentiment (sauf la colère et l’agressivité…) qu’il faudrait interroger. Miyo n’est pas nulle. C’est Kiyoka qui est trop mis en valeur, notamment physiquement.

Transcendance : le cas pratique

La fiction aurait pu servir à montrer des femmes plus émancipées. Par exemple, dans les derniers épisodes, Miyo est menacée par Usui. Sa belle-sœur Hazuki tente de la protéger avec son pouvoir, mais ne tient pas une seconde face à l’ennemi. On avait l’occasion de montrer une femme à l’action, mais non, niet. Pourtant, le père Kudo également présent va servir à quelque chose. Sa fille ainée, en revanche… C’est finalement Kiyoka qui accourra encore une fois pour sauver sa fiancée… Mais c’est justement ce qu’attendait le Usui pour le frapper !

Autre séquence : quand Miyo court délivrer Kiyoka le prisonnier (ça rappelle la saison 1, yes). Son pouvoir s’est enfin pleinement éveillé : elle a la « vision onirique ». Super ! Elle monte son commando pour sauver son homme et l’opération réussit, jusqu’à ce qu’un monstre plus effrayant que les autres court pourchasser Miyo. Non ! Echouer ainsi, si près du but ! Va-t-elle lancer une attaque ultime ?


Non ! Des flammes surgissent soudain de la cellule de qui… de Kiyoka bien sûr. Le prisonnier ensanglanté pulvérise le monstre, et sa chère fiancée se jette dans ses bras : « oh, mon mari… ! » Ici, si les rôles avaient été inversés, Kiyoka se serait débrouillé seul.

Début d’émancipation

La saison 2 introduit un nouveau personnage : JINNOUCHI Kaoruko, seule militaire féminine de l’unité anti-grotesquerie. Elle sera chargée de protéger Miyo. A travers elle, on verra combien il est dur pour les femmes de se faire une place dans l’armée. Miyo prendra sa défense devant des hommes se moquant de sa présence dans l’armée. Cette séquence était intéressante. Elle aurait même pu aller plus loin. A suivre, on l’espère, pour la saison 3 (qui a déjà été annoncée, en oui).

Transcendance : encore une bataille de bonshommes

La fin de la saison 2 nous ressert un duel entre bonshommes. Kiyoka affronte le méchant Usui devant une Miyo terrorisée… Finalement, la jeune fille sort sa vision onirique pour sauver son fiancé ensanglanté… Et Kiyoka quitte l’armée. Marre, de faire des heures sup non payées. Mais qui va payer les factures ? Il s’en fiche, il est riche !

Miyo se voit offrir une offre d’emploi en or : vivre dans la cité impériale pour renforcer sa défense. Mais l’héroïne décline l’offre. Elle ne veut plus jamais avoir à utiliser son pouvoir. Elle veut préserver son bonheur avec son fiancé. Mais où est donc la Miyo qui voulait apprendre à maîtriser son pouvoir ? Pense-t-elle son cher fiancé carbonise les gens par plaisir ?


Malgré quelques couacs, Kiyoka et Miyo restent un couple très touchant. Si l’on comprend que la jeune femme soit inexpérimentée, pourquoi Kiyoka devrait-il forcément l’être ? On ne compte plus les histoires présentant l’homme qui sait, et la femme qui ne sait pas (même Oscar, oh!). Cessons donc de mettre cette pression sur les hommes. Kiyoka aurait pu découvrir, avec sa fiancée, le bonheur simple de l’amour (comme Takeo et Rinko!)…


Miyo a clairement gagné en assurance dans cette saison 2. On espère voir plus de transcendance dans le développement de son personnage; on espère la trouver encore plus combative dans la saison 3.

Les infos en plus

  • Crédit image : Watashi no shiawase na kekkon © Kinema Citrus – 2025
  • Watashi no shiawase na kekkonle site officiel
  • Générique du podcast : Hands of the wind, de Manuel Delsol
  • Effets sonores : Zapsplat.com / Angela PAULSON

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