Précédemment dans Brille!

Pour rappel, Brille !, c’est la rencontre entre deux lumières qui ne demandent qu’à briller de nouveau. D’un côté, il y a Emilie, lycéenne qui n’ose plus sortir de chez elle à cause du harcèlement qu’elle a subi. De l’autre, il y a Simon, lycéen qui espère couper les liens douloureux qui le rendent parfois intransigeant avec les autres. C’est le triste héritage qu’il a reçu dans son enfance, passée avec sa mère autoritaire.

Aujourd’hui, Simon ne vit plus avec sa mère, mais avec son père. Ils viennent d’emménager dans le quartier d’Emilie. Entre les deux adolescents se crée une belle amitié épistolaire. Mais rien n’est simple, et pour Simon, et pour Emilie. La jeune fille ne parvient plus à parler avec les autres. Elle ne sait plus comment se comporter avec sa propre famille. Ça agace sa grande sœur, Pauline. Ça angoisse ses parents, Vincent et Maureen.

Ce n’est pas plus facile pour Simon, même s’il a réussi à se faire deux amis de classe : la lumineuse Camille et le « faux méchant » Damien. Il se montre parfois odieux avec eux, avec son père, et le regrette amèrement. Comment avancer lorsque le poids du passé nous tire toujours en arrière ?

Exceptionnel

Comme dans le tome 1, ce qui frappe, c’est le ton très mature et bienveillant du manga. Le scénario est vraiment bien pensé. Là où d’ordinaire, on nous sert des engueulades à l’emporte-pièce et des rebondissements téléphonés, Jenny choisit de poser des bases claires. Les personnages ont des réactions plausibles. Ils font l’effort de comprendre l’autre.

Favoritisme

On en parlait dans Jalouses, l’excellent manga de Battan. Parfois, un favoritisme vécu dans l’enfance a des répercussions terribles à l’âge adulte. L’enfant ne va pas s’attaquer au parent, au contraire : il/elle recherche l’amour parental. L’enfant va plutôt s’attaquer à l’autre, celle ou celui accusé.e de s’accaparer l’amour parental. C’est le conflit qui oppose Pauline à Emilie, même si, contrairement aux héroïnes de Jalouses, les sœurs ne se font pas la guerre.

Pauline est l’aînée. On sait la responsabilité qui pèse sur les épaules de l’aîné.e, parce qu’il/elle est né.e en premier.e. Position injuste, pourront dire les intéressé.e.s, surtout lorsque les attentes des parents à son égard sont trop élevées, ou que les réprimandes tombent systématiquement sur lui/elle.

Heureusement, Pauline ne semble pas porter un tel poids. Mais elle nous pose une question : comment exister à côté d’une sœur qui prend toute la place ? Car Pauline étouffe. L’ambiance familiale est, selon elle, plombée par la morosité constante d’Emilie.

Il arrive qu’un.e enfant particulièrement solaire (par exemple) fasse de l’ombre, malgré lui/elle aux autres enfants. C’est ici que les parents ont un rôle essentiel à jouer. Ils peuvent rassurer l’enfant qui se sent éclipsé.e.

Les parents peuvent-ils faire du favoritisme ?

Vincent et Maureen, les parents de Pauline et Emilie, font-ils du favoritisme ? Ils vous répondront non, bien entendu. Quels parents admettraient le contraire ?

S’ils s’inquiètent autant pour Emilie, c’est parce qu’elle est malade. Pauline va bien et ils s’en réjouissent. Malheureusement, on ne peut qu’imaginer comment l’autre vit les choses. Pauline ne va pas si bien.

Tout le problème est là. Pourtant, Pauline garde le silence et préfère contre-attaquer en prenant la place solaire occupée jadis par sa petite sœur. L’idée est noble (ramener la joie à la maison), mais est-ce bien le bon choix ? Bien sûr, chacun.e peut apprendre de l’autre, qu’il/elle soit ainé.e ou cadet.te. Mais vous ne renoncez pas pour autant à votre personnalité, au risque de vous perdre vous-mêmes.

Apprendre les uns des autres

Ce conseil vaut aussi pour les parents. Car ils sont nombreux à admettre que leur bébé l’éduque. Et c’est vrai. Les bébés nous apprennent à être parents. Mais ça reste vrai même quand l’enfant grandit. Or, dans certaines familles, les relations deviennent presque verticales. Les parents croient tout savent tout, car ils sont parents. Ils pensent que les enfants ne savent forcément rien et doivent donc leur obéir. C’est certainement le genre de relation qu’entretenait Simon avec sa mère.

De l’humilité. Voilà ce qui améliorerait considérablement les relations entre parents et enfants, et entre les enfants… On apprend à tout âge. Ne il ne faut pas pour autant jeter la pierre aux parents, ou supposer qu’ils seraient toxiques. Les enfants aussi (adolescents, jeunes adultes) aussi devraient faire l’effort de comprendre les parents. Plus ils grandissent, plus ils sont en mesure de comprendre. Les parents ne sont pas des super héros, mais des personnes qui essaient, tâtonnent, se trompent, sont parfois maladroits, se remettent en question… C’est cet effort que font les héros de Brille ! et c’est ce qui rend ce manga si empathique et intéressant.

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