37 seconds, le film et le le manga

37 seconds est tout d’abord un film bouleversant sorti en 2020, réalisé et scénarisé par HIKARI. Il est ensuite adapté en manga (2022 au Japon, chez l’éditeur Shinchôsha, 2025 en France, chez Akata. Le manga est disponible sur Mangas io). Le manga est également scénarisé par HIKARI, et dessiné par KURIHARA Yôhei.

37 seconds, l’histoire

TAKADA Yuma (interprétée par KAYAMA Mei dans le film) est une brillante femme de 23 ans qui rêve d’être mangaka. Pour l’instant, elle travaille comme assistante mangaka avec sa meilleure amie. Leur manga se vend bien, mais Yuma découvre que son amie l’utilise et profite seule du succès. Raison invoquée : Yuma souffre de paralysie cérébrale et vit en fauteuil roulant. On suppose donc qu’elle ne sert rien faire, et qu’il faut tout faire à sa place. Mais Yuma veut vivre le plus ordinairement possible. Face à l’opposition de son amie, du monde, et même de sa mère, elle décide de faire ses propres choix.

Une prise de position qui la conduira tout d’abord vers une éditrice d’œuvres… érotiques. Mais Yuma n’a aucune expérience, et l’éditrice le comprend vite. La solution : faire des expériences ! Yuma prend l’éditrice au mot et commence son exploration… C’est pour cela que le manga comporte un avertissement « pour public averti ». Néanmoins, rien de graveleux. L’œuvre aborde la question de l’intimité avec pudeur, respect, sérieux et bienveillance.

Cette première exploration de l’intime ouvre la porte sur de nouvelles découvertes, pour Yuma : des amis, un monde bien plus vaste que l’appartement qu’elle partage avec sa mère, jusqu’à une découverte qui bouleversera la jeune femme. Elle ne sera plus jamais la même.

Entre la mère et la fille

Après les relations père/fille, place aux relations mère/fille avec Yuma et sa mère Kyoko. Odán et Harag n’arrivaient pas à se parler à cause de leur colère respective. Yuma et Kyoko n’arrivent plus à se parler à cause de leur culpabilité respective.

Culpabilité de la mère, qui entend porter toute la responsabilité de la maladie de sa fille. Culpabilité de la fille, qui estime avoir privé sa mère d’une vie ordinaire. Résultat : Kyoko sacrifie tout son temps pour sa fille. D’abord rassurant, ce huis clos est devenu étouffant pour Yuma, qui a bien grandi. Elle est désormais une femme, mais continue d’être traitée comme une enfant. Elle comprend la position de sa mère et ne veut pas la blesser. Elle aspire néanmoins à un peu plus de liberté.

Pour Kyoko le monde est dangereux, et Yuma ne peut rien faire seule. Pour Yuma, c’est justement l’occasion de s’émanciper, de vivre, de montrer à sa mère que oui, elle peut se débrouiller seule.

Comment se retrouver ?

C’est toute la question du manga, et du film. Parfois, l’éloignement est une meilleure façon de se retrouver, d’abord soi. On comprend vite que la mère est partie sur une mauvaise analyse, par amour, bien sûr, et par culpabilité. Pourtant, ni la mère ni la fille n’ont quelque chose à se reprocher. Ce qui est arrivé au départ n’est la faute de personne. En revanche, ce qui résulte des choix humains faits par la suite peut avoir de lourdes conséquences.

La grande force de l’histoire, c’est le regard empathique. Ici, pas de réponse toute faite, mais plutôt des moments de vie présentés avec une grande bienveillance. C’est cette lumière, cette simplicité et cette douceur qui rendent le manga, et le film d’origine, si bouleversants, et si beaux. Soyons humains, pour changer un peu ! Et regardons-nous avons bienveillance et respect.

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