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Elle est l’une des autrices interviewées dans 30 ans de manga français. Chronique manga découverte, avec Maylis, et son œuvre bienveillante : Odán : Brèves du pays d’Ymyl, où le difficile art de dialoguer vraiment, avec de l’attention et de bons sentiments.

Odán : Brèves du pays d’Ymyl, l’histoire

Odán a un objectif : devenir un membre à part entière du Clan de la Plaine, son clan. Pour cela, la jeune Orc doit absolument passer le Rite, épreuve de combat où elle devra prouver sa valeur. Odán s’entraîne sans relâche ; elle est douée et peut remporter la victoire.

Problème : Harag, son père, refuse catégoriquement que sa fille passe le Rite. Odán demande des explications, ne reçoit que la colère paternelle, et répond aussi par la colère. L’affaire prend une tournure encore plus problématique lorsqu’elle ramène Borín, un Nain , dans le village… L’homme est blessé, mais ne reçoit que la colère d’Harag, car Orcs et Nains se détestent. Longtemps en guerre, ils ne parviennent pas à tirer un trait sur le passé. Si le chef du village accepte d’héberger l’étranger, Harag s’y oppose. Mais Odán s’obstine à prendre soin du blessé.

Pourquoi son père est-il si en colère ? Pourquoi Odán n’est-elle pas autorisée à passer le Rite ? Comment peut-il lui cacher les circonstances de la mort de sa mère ? Toutes ces questions poussent la jeune fille à se révolter contre son père… Mais la colère est-elle le bon chemin à emprunter ?


Odán : Brèves du pays d’Ymyl, le manga

Odán : Brèves du pays d’Ymyl est un one shot signé Maylis, sorti en 2024 chez Kool Books, et disponible sur Mangas.io. C’est justement sur Mangas.io que j’ai découvert le manga… et quelle heureuse découverte! Le cadre, bien éloigné de notre quotidien, sert justement de pont pour évoquer une situation du quotidien : les relations parents/enfants; les difficultés de dialoguer au sein de la famille.

Harag et Odán

Les interactions du père et de sa fille sont si actuelles qu’on pourrait facilement les transposer dans notre monde. Harag n’est pas très doué pour la parlotte. C’est fâcheux, car à cause de sa colère, Odán pense qu’il ne l’aime pas… et s’énerve à son tour. Les deux personnages sont, au fond, très proches.

Tränar, le professeur d’Odán, joue le rôle du médiateur. Mais il voit bien le terrain dangereux sur lequel glissent le père et la fille, et rappelle les dangers du manque de maîtrise de soi : « La colère est le chemin des démunis, la violence, celui des faibles. »

Hélas, rien à faire, le père est souvent zélé pour ouvrir les hostilités, et rabaisser sa fille. Pire, il la compare à sa défunte épouse. Certaines paroles blessent horriblement, et le manga de Maylis nous le rappelle. La souffrance ne justifie pas le mal. Odán souffre d’être toujours rabaissée. Elle voudrait juste recevoir les félicitations de son père, et fait tout pour prouver sa bravoure, satisfaire à ses attentes.

Retrouver le lien

Que faire quand on arrive plus à dialoguer avec un membre de sa famille ? Pour Harag et sa fille, on voit très vite ce qui ne va pas : le père refuse d’ouvrir son cœur et préfère se murer dans son traumatisme. Sa position reflète sa vision biaisée de la bravoure. Il n’est pas courageux de jouer les forts alors qu’on a besoin d’aide. Etre dans le déni n’amène que des problèmes. Au contraire, il est courageux de demander de l’aide, de reconnaître ses défauts.

La colère déforme et brise tout. On le voit avec Odán qui déforme les propos de son père et détruit la végétation autour d’elle. L’aide qu’elle rend à Borín peut donc être vu de deux manières :

  • aider Borín est une manière de s’aider elle-même. Puisque son père la qualifie de moins que rien, elle va prouver qu’elle peut être utile. Aller vers l’autre est parfois le chemin le plus court pour aller vers soi…
  • aider Borín est une manière d’énerver son père. On comprend néanmoins qu’Odán ne verse pas dans ce type de règlement de comptes… Elle n’a même pas envie de régler ses comptes avec son père. Elle veut juste renouer le dialogue avec lui.

Odán, voix de la réconciliation

Heureusement, tout ne s’arrête pas là. Très pédagogue, le manga nous montre la chute du père et de la fille, mais aussi leur relèvement. La venue de Borín, personnage étranger, sera ici décisive.

Ce qu’Odán veut, c’est une véritable relation avec son père. Et ce que son père veut, c’est briser l’armure devant sa fille… Le manga nous présente une jeune femme brave, courageuse, qui finit par lâcher sa colère pour rechercher la véritable réconciliation. Une réconciliation qui, on le verra, dépassera le cadre familial, pour prendre une dimension politique… Ainsi commence un nouveau chapitre, pour Odán.

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