30 ans de manga français retrace l’histoire du manga français à travers de nombreux entretiens avec des autrices et auteurs passionnés. L’auteur du livre, le journaliste et écrivain Nathanaël BENTURA, tout aussi passionné, nous présente une chronologie détaillée, fournie, et commence par une remise au point indispensable (développée dans préface de Reno Lemaire) : le manga peut-être créé par n’importe qui.

Manga français, manga tout court

Car encore aujourd’hui, on peut entendre, on peut lire des commentaires fustigeant les mangas non créés par des Japonais. Un non sens, quand on sait que l’art, les arts, se nourrissent justement des différentes cultures. Le manga, par exemple.

Autre problème, qui a fort desservi le lancement des mangas réalisés par des Français (pour des soucis de simplification, on dira « manga français ») : « franga », « manfra » ou encore « global manga ». Disons « manga » tout simplement. Paradoxalement, et heureusement, le webtoon ne souffre pas de cette stigmatisation. On en trouve réalisés par des autrices et auteurs venant des 4 coins de l’horizon, sans que personne ne crie au scandale.

30 ans de manga français, 30 ans de passion

Ce sont les mots qui ressortent à la lecture de chaque interview. Moonkey, Jenny, Reno Lemaire, Lost Memory, Tpiu, Elsa Brant, Joël Dos Reis Viegas, Camille Broutin, Toan, Christophe Cointault… 83 auteurs partagent leur passion en toute humilité. Tous n’ont pas pu être interviewés (Stéphanie Le Chevalier, l’autrice de Ashes, Peterson Céüs et Carlos Moreno les scénaristes de Céüs, avec Wakaiki au dessin). Espérons une nouvelle édition, avec encore plus d’auteurs, et encore plus de titres à succès.

Manga français : la leçon d’humilité

30 ans de manga français revient justement sur les succès et les difficultés. Des séries s’arrêtent plus tôt que prévu, et pas forcément parce qu’elles n’ont pas trouvé leur public. Des mangas pensés sur 5 ou 10 tomes s’arrêtent précipitamment au bout de 3 tomes. Problème de communication, clichés qui persistent (conséquence du « manfra / franga »…) . Etrangement, les fans de manga, qui auraient dû se réjouir de voir « les leurs » se lancer regardaient avec suspicion ces œuvres qui, pourtant, venaient de leurs propres rangs.

Heureusement, les choses évoluent positivement. Aujourd’hui, il y a bien plus d’autrices et d’auteurs francophones que par le passé. La preuve avec ce livre : 30 ans de manga français, et ses nombreux témoignages. Des témoignages saisissants, qui marquent par leur simplicité, leur franchise, leur humilité. Les artistes évoquent leur rencontre avec le manga, le monde de l’édition, le fanzinat, l’auto-édition, les conventions…

Les voies du/de la mangaka

A travers les témoignages des mangaka, on comprend qu’il n’y a pas un seul chemin pour faire du manga. On trouve aujourd’hui un certain nombre d’écoles de manga en France, et c’est une très bonne chose.

Bien sûr, il n’est pas dit que fréquenter ces écoles est un gage de réussite. On peut n’avoir jamais fait d’école et parvenir tout de même à devenir mangaka. Il ne faudrait pas non plus sombrer dans l’excès inverse, et s’enorgueillir de réussir sans être allé dans une école. L’avantage de l’école, c’est qu’elle offre un cadre propice à la création; elle peut aussi mettre en relation avec des éditeurs. Mais que le parcours soit dans un cadre institutionnel ou plus informel (auto-formation avec des livres, planches de manga recopiées, cours du soir, etc.), l’essentiel reste de travailler toujours plus, en dehors des heures théoriques consacrées au dessin et au scénario.

Le manga français dans les établissements scolaires

A quand les mangas français dans toutes les bibliothèques scolaires, les médiathèques et les bibliothèques municipales ? Voilà qui ferait une communication bienvenue, et sur le long terme, aux mangas français. Car force est de constater qu’on retrouve encore trop souvent les mêmes titres… dont ces fameux blockbusters japonais, qui n’ont pas vraiment besoin de coup de pouce.

Voilà l’un des prochains défis avec que le manga français soit davantage mis en lumière. Un défi tout à fait réalisable, qui créerait un beau cercle vertueux entre les élèves, les institutions, les éditeurs, les libraires indépendants, et les autres professionnels du manga.

L’autre défi du manga français, c’est d’avoir plus d’auteurs et d’autrices références. Aujourd’hui, on ne cite encore que Reno Lemaire (Dreamland) et Tony Valente (Radiant), comme s’ils étaient deux exceptions. Multiplions les exceptions pour qu’elles deviennent une règle : oui aux mangas français à succès. Ce défi en amène un autre : plus de titres qui dépassent les 3 tomes !

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