Quatre filles et une coloc, la présentation
Ah, les joies et les misères de la colocation. Il y a les bons assemblages et les cafouillages. Shûko souffle de joie : elle est dans un bon assemblage. Eiko, Shio, Misaki et elle partagent les belles merveilles du quotidien, et les galères, aussi.
Employée de bureau, Shûko apprend qu’une collègue de son âge s’est mariée, et s’inquiète. N’est-il pas temps, pour elle aussi, de se marier ?
Misaki, chanteuse et musicienne, pense être en couple, avant d’apprendre que non. Décidée à attraper « son homme », elle décide de s’improviser cuisinière pour le séduire dans le ragout…
Heureuse au travail, Eika n’a pas peur de montrer ses ambitions. Problème : les multiples préjugés contre les travailleuses ambitieuses. Pourquoi Eika ne pourrait-elle pas faire carrière ?
Après une vie stressante de salariée, Shio s’est mise à son compte pour travailler à son rythme. Elle vit la trentenaire tranquille, avec ses joies simples et son quotidien apaisant.
Quatre filles et une coloc, le manga
Quatre filles et une coloc (ひとりで生きるはままならぬ / hitoride ikiru ha mama naru ne) est un josei manga de TSUNO Mizuko publié en 2021 chez Overlap (magazine de prépublication Comic Qurie). La série est terminée en 3 tomes. Le tome 1 est sorti en France en début mars, aux éditions Delcourt/Tonkam.
5 bonnes raisons de lire Quatre filles et une coloc
4 femmes, 4 histoires, 4 façons de penser la vie et de s’interroger sur le sens de sa vie.
La romantique prête à tout pour se marier, la bosseuse qui veut grimper les échelons, l’employée lambda qui s’interroge, et la fille tranquille… Les interrogations des héroïnes pourraient être les nôtres. C’est l’une des 5 bonnes raisons de lire Quatre filles et une coloc.
1/ Un questionnement toujours d’actualité sur la trentaine
Chacune des quatre héroïnes aborde le passage des 30 ans à sa manière. Shûko, l’employée, et Misaki, la musicienne/chanteuse, sont celles qui s’inquiètent et s’interrogent le plus. Elles voient les autres, les femmes mariées à 30 ans, et se persuadent d’avoir loupé un truc. Avoir 30 ans, n’est-ce pas être mariée, avec un bon boulot, un bon salaire, de joyeux enfants et une maison à crédit sur 30 ans ? Quand on à ça, oui, on peut dire qu’on est adulte. Mais quand on vit ENCORE en coloc, ce modèle de logement idéal pour les étudiants mais pas pour les autres (pourquoi?), peut-on quand même dire qu’on est adulte ?
Shio balaie toutes ces inquiétudes : oui, être adulte n’est pas conditionné au fait de vivre ou non chez ses parents ou en coloc.
2/ Des héroïnes face aux clichés de la société
La pression mise sur les femmes est terrible. On les veut jeunes, à vie. Exemple au cinéma, où des héros sexagénaires continuent d’avoir de beaux rôles, et de mener la belle vie avec des héroïnes de vingt ans de moins ; il existe bien des actrices de leur âge, mais c’est comme si l’industrie du cinéma les avait oubliées. On exige des femmes qu’elles soient ultra-compétentes, mais lorsqu’elles montrent leurs ambitions, comme Eika, c’est trop, c’est louche. Ça cache certainement un caractère si mauvais qu’il ne peut s’associer avec personne. Eika est forcément célibataire, car elle aime trop travailler. On ne dirait jamais ça d’un homme.
On demande aux femmes d’être là, mais pas trop, parfaites, mais effacées, au travail et à la maison, aux champs et dans les courses, dans la salle d’accouchement en talon aiguille, on fera bientôt ça en ambulatoire parce que le monde va vite et la vie, c’est les économies…
Est-ce si grave d’être en colocation à 30 ans ? Là aussi, on réalise de belles économies, non ? On gagne aussi beaucoup : en joie de vivre, en affection, en sororité, en solidarité. C’est ce que montre le manga, en toute simplicité.
3/ Des personnages masculins face aux clichés de la société
Les quelques personnages masculins font aussi face aux clichés qui voudraient les enfermer dans des moules. Certains se conforment aux stéréotypes, comme ce type aux rencontres pour célibataires qui occupe tout l’espace. Un autre homme essaiera de s’adapter à cette ambiance de rencontre pour célibataires, en vain.
La pression mise sur les hommes est réelle. On les imagine forts et on pense qu’être fort, c’est être autoritaire, s’imposer, prendre toute la place. On le voit par exemple, dans les fictions : les personnages masculins s’énervent vite, marquent leur « autorité » en criant. Mais ce n’est pas une marque de force. Etre fort, c’est être doux, humble, bienveillant, empathique, gentil. Eh oui.
4/ Une ode à la bienveillance
Quatre filles et une coloc est une belle ode à la bienveillance. Les héroïnes tentent de naviguer dans un monde compliqué. Certaines font de bons choix. D’autres, des choix plus discutables, comme penser attraper l’homme qu’on aime avec de la soupe et des lentilles. Le manga nous montre des jeunes femmes qui, au quotidien, font des efforts pour s’entendre et pour comprendre les autres. Eika et Shûko font des efforts pour supporter leurs collègues de travail ; Misaki fait des efforts pour bien s’entendre avec les autres musiciens. Shio fait des efforts pour bien s’entendre avec ses colocs, avec ses clients. Faire des efforts fait partie de la vie. C’est comme ça qu’on travaille sa bienveillance, son empathie, son rapport à l’autre.
5/ Un rappel essentiel : il n’y a pas qu’un seul modèle de vie, dans la vie
L’image des mariés parents à 30 ans, bon salaire, jolie maison… est une belle image. Mais ce n’est pas le seul modèle de vie. Il ne faudrait pas non plus tomber dans l’excès inverse et crier « non au mariage aux enfants à la maison à crédit sur 30 ans »
Laissons les gens vivre. Laissons-nous vivre. Et évitons les comparaisons. C’est l’une des meilleures manières de bien avancer dans la vie.
Les infos en plus
- Crédits images : Hitoride ikiru ha mama naru ne © TSUNO Mizuko / Overlap(2021)
- Générique de début et de fin : Générique du podcast : Hands of the wind, Manuel DELSOL
- Effets sonores/musiques : Zapsplat.com ; Audio Hero (Fifth Avenue)


