Peanut Rain, le manga
Scénarisé et dessiné par ORITA Yuujiro, Peanut Rain est sorti en 2023 au Japon, dans le magazine de prépublication Big Comic Superior de la Shôgakukan. Connu au Japon sous le titre 落花生 (Rakkasei / arachides), le one shot (manga en un tome) a gagné le prix « nouveau talent » Big Comic Superior. Il est sorti le mois dernier en France, chez le Lézard Noir, sous le titre « Peanut Rain ».
Peanut Rain, l’histoire
Un jour avec AKABA Shûichi. L’homme est un prof de philo épanoui et un mari comblé, qui attend son premier enfant. Seule ombre au tableau : un élève particulièrement rebelle, qui se plait à provoquer son professeur en cours. Akaba recadre l’élève, et la journée continue. Mais le rebelle repart à la charge : que connaît-il de la société, le prof de philo ? Qu’a-t-il fait, à part étudier et enseigner des choses qu’il n’a même pas expérimentées ?
Comment répondre à une question si difficile ? Le thème est bien trop vaste. Ce n’est pourtant pas une raison pour invectiver son professeur. Akaba n’a jamais prétendu tout connaître sur tout. Il sait néanmoins que ce jeune perturbateur n’arrivera à rien dans la vie avec un tel comportement. Loin de le calmer, les propos de l’enseignant irritent l’élève au plus haut point.
Akaba ne s’en doute pas. Il est passé à autre chose. Sa femme enceinte, le bébé qui vient… Et puis il y a un nouveau soir, un nouveau matin. Mais ce matin-là n’est pas comme les autres. Les jours qui suivront seront encore pires.
Plus de travail, un lynchage public, la vie qui s’arrête. Akaba perd son emploi, son bonheur, sa vie. Il ne lui reste plus rien. C’est pourtant dans ce rien, c’est avec ce rien qu’il va recommencer à vivre.
Lire un extrait.
Résilience
Peanut Rain est un manga sur la résilience. Comment reprendre goût à la vie lorsqu’il n’y a plus rien ?
Le mangaka brosse le portrait d’un homme planté dans une société qu’il croyait comprendre, mais qu’il ne comprend pas. Ou plutôt : il ne s’était sans doute pas posé la question avant, car tout allait plus ou moins bien. Et puis il y a eu ce truc avec cet élève. Et puis cet autre truc qu’Akaba n’a pas compris. Et ces trucs empilés sont devenus des scandales, des horreurs, des crimes soulevant la haine de la société.
Regarder vers demain
A travers ces silences, à travers le regard désespéré d’Akaba, Peanut Rain nous parle aussi du drame du « et si ». Et si le professeur n’avait pas dit/fait ceci, cela… Ces questions, Akaba Shûichi se les pose également. Ces questions le dévorent, le poussent à s’interroger sur sa vie. D’autres auraient peut-être voulu se venger, faire payer le ou les vrais coupables… Akaba soupire. Son attitude n’est cependant pas de la fatalité. Au fond de son désespoir, le héros trouve néanmoins la force de tendre la main vers l’autre. S’il ne parvient pas à s’aider, il ira aider les autres. C’est, au fond, une belle manière de réapprendre à vivre.
Et puis, il y aura ces autres trucs. Des petits trucs. Le temps passé avec de nouvelles personnes, un rire, un café, partagé. Quelques arachides craquées dans les mains. De petites choses qui sont autant de mains tendues vers Akaba. Il n’est pas seul. Les lendemains paisibles sont toujours possibles.
Peanut Rain est un manga plein d’espoir. Malgré le drame qu’il subit, Akaba continue de s’accrocher, d’espérer, de regarder vers demain.
Les infos en plus
- Crédits images : Rakkasei © ORITA Yuujiro / Shôgakukan (2023)
- Générique de début et de fin : Générique du podcast : Hands of the wind, Manuel DELSOL
- Effets sonores/musiques : Zapsplat.com ; Angela Paulson (Floating) ; Dave Miles (Waiting game)


