Rencontre sans frontières pour le père et le fils. Nine Peaks réinvente les dimensions et brise les barrières. Le nouveau manga de furyô, est arrivé.

Mon père, ce héros

MASHIO Gaku a l’amour vache, mais ne le sait pas encore. L’adolescent est dans les sables mouvants de l’affection un peu bancale, un peu tordue. Le genre « mon père, je m’en fiche », mais qui ne tiendrait pas un jour sans lui. Car Gaku est encore un enfant, même s’il joue les caïds de son lycée. Il dit ne pas supporter le modeste restaurant d’okonomiyaki de Harumi, son père, pavane avec sa énième exclusion pour mauvais comportement au lycée (encore une bagarre) et se demande comment un ado aussi charismatique que lui peut avoir un père aussi mou. Gaku n’est qu’en Seconde, mais semble déjà connaître tous les rouages de l’impolitesse.

Mais le père de Gaku meurt. Sa mère est morte lorsqu’il avait 2 ans. Voici Gaku désormais seul. Il ne pleure pas. Il voit pourtant défiler des kilomètres de visages noyés de larmes. A sa grande surprise, la ville entière s’est rassemblée pour pleurer son père.

Gaku ne pleure pas. Il va pêcher. C’était l’une des activités préférées du paternel. Harumi n’avait cependant pas l’air doué… pas plus que Gaku. Surprise, ça mord. Gaku se dresse sortir la chose, surement un gros poisson, de l’eau. Mais c’est lui qui plonge.

Il regagne la surface, sauvé par un gars de son âge. Son père, avec 20 ans de moins. Gaku a fait un bon dans le passé. Son père adolescent est bien différent de l’honnête et calme restaurateur. Harumi ado tape plutôt dans la catégorie « grand bagarreur ».

Nine Peaks, les origines

Nine Peaks, c’est le manga HIRAKAWA Tetsuhiro. Sorti en grande pompe en 2022 au Japon, chez Akita Shoten, il vient tout juste de débarquer en France, chez Ki-oon. Le premier volume est sorti la semaine dernière. La série, toujours en cours, compte 9 tomes.

HIRAKAWA Tetsuhiro, le mangaka, est un habitué des manga de furyô, « voyou » en japonais. Avant Nine Peaks, il a signé Clover. Commencé en 2007 au Japon, Clover s’est conclu en 43 tomes. En France, c’est feu l’éditeur 12Bis qui publie le manga en 2008. Hélas, la parution s’arrête dès le 9e tome. HIRAKAWA sort également plusieurs adaptations manga de la saga Crows zero.

Pas facile pour le genre furyô de percer en France. On trouve néanmoins quelques titres qui ont percé, comme Young GTO (réédité en édition double chez Pika) et le légendaire Rokudenashi Blues (Racaille Blues). La série est aussi rééditée chez PIKA depuis 2022 !!

Plus récemment, c’est Tokyo Revengers qui a relancé le genre furyô. Malgré son pitch cliché (il faut sauver la fille un peu à côté de la plaque) la série réussit à captiver. Certes, il est difficile de trouver des rôles féminins percutants dans les furyô. Difficile de trouver des rôles féminins tout court, et non réduits à des trucs dégradants.

Derrière la bagarre, ces séries véhiculent de fortes valeurs d’amitié, de respect, d’accomplissement de soi, de sacrifice pour ses amis… Nine Peaks rappelle d’ailleurs Tokyo Revengers, qui joue aussi sur les sauts dans le passé.

Le père et le fils

Le style de HIRAKAWA Tetsuhiro est énergique, et nerveux. La ligne est fine, les dessins sont détaillés. Les scènes de combat sont bien orchestrées. Les personnages sont lookés et poseurs. Mention spéciale aux regards, très expressifs.

Le tome 1 se termine sur plusieurs grandes révélations, et un énorme problème : Gaku et son père vont-ils vraiment faire leur rentrée, tout sanglants jusqu’à l’arcade sourcilière ? On dirait bien que oui ! Et le pire, c’est que le lycée est plus glauque encore. Délabré, entouré de barbelés, avec, à l’intérieur, des spécimens d’adolescents tous plus effrayants les uns que les autres…

Nine Peaks est bien partie pour être une très bonne série. Pour la sortie du manga, Ki-oon a vu les choses en grand, en créant un mini jeu de baston très bien pensé. Qui est dans les 3 premiers !! Je suis outrée de ne pas être dans le top 10. Sans doute un jour sans, comme dirait le paternel Harumi… D’habitude, même à 10 % d’énergie, je fais des high scores, car je suis super pro.

Allons voter pour les élections législatives

Allons voter pour les élections législatives. Sans transition, l’affaire est grave. J’irai faire une procuration, car je ne serai pas en France au moment des élections. Votons contre la violence, justement. Allons voter pour la paix, pour l’unité malgré les différences, pour la tolérance et le vivre ensemble. C’est possible. C’est toujours possible si chacun fait un pas vers l’autre au lieu de s’emmurer dans ses préjugés et sa propre violence.

Allons voter contre le racisme, contre la haine, contre cette violence qui part gangréner les cerveaux. La montée de l’extrême droite, en France, en Europe, dans d’autres régions du monde, cette lente montée depuis de longues années, est extrêmement grave, triste, terrible. Car c’est l’humanité même qui est attaquée. Je ne pense pas que l’exclusion soit une solution. Exclure l’autre n’est pas une solution. Le rendre responsable de tout ce qu’on traverse n’est pas une solution. Mépriser l’autre parce qu’il est autre n’est pas une solution. Le « vote sanction » n’est pas non plus une solution. « Sanction » pour qui, d’ailleurs ?

Car l’autre, c’est aussi vous, c’est aussi moi. C’est nous. La vraie paix, c’est celle qui accueille, qui comprend, qui supporte, qui essaie, qui encourage, qui permet à tous de progresser et de vivre ensemble, de s’enrichir avec les différences. Cela ne l’empêche bien sûr pas de se montrer ferme lorsqu’il le faut et de défendre sa position, toujours, de combattre le bon combat dans le respect de l’autre et pour le bien de tous. Allons voter pour la paix.

Les infos en plus

Crédit image : Nine Peaks couverture du tome 1 © HIRAKAWA Tetsuhiro / 2022 / Akita Shoten

Retrouvez Nine Peaks chez Ki-oon

Nine Peaks le jeu

Générique du podcast : Hands of the wind, de Manuel DELSOL

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