Nouveauté manga des éditions Akata, à découvrir en numérique, notamment sur Mangas.io : Même si cette histoire n’est pas une romance, le one shot de FUMI Kyoko.
Une histoire de non romance et de passion
Enfant, Nanae était une inconditionnelle du boys band BoBom Boys, surtout du jovial Masaya. Hélas, ses amies se moquent de sa passion. Honteuse, Nanae élude, affirme que finalement, elle n’aime pas ce boys band.
Elle regrettera amèrement ce mensonge. Car, faute de popularité, sa star favorite, Masaya, disparaît précipitamment du groupe et de l’univers du showbiz. Est-ce la faute de Nanae ? Et de tout.e.s celles et ceux qui n’ont pas osé défendre leur passion ?
Saut dans le temps. Nanae, désormais salariée, accueille une nouvelle recrue. Et quelle nouvelle recrue ! Impossible de ne pas reconnaître son cher Masaya. L’homme se présente en tant qu’employé lambda. Mais difficile de passer inaperçu dans ce monde ultra-connecté où tout est archivé… En quelques clics, des collègues de Nanae découvrent le passé de Masaya et se moquent ouvertement de lui, en pleine réunion ! Quelle sera la réaction de Nanae ?
Même si cette histoire n’est pas une romance… c’est quand même de l’amour
A travers le sujet principal, Même si cette histoire n’est pas une romance, le one-shot court de FUMI Kyoko, aborde plusieurs thématiques : la honte, la dépréciation d’activités considérées comme féminines, et la pression infligée aux idols. Ces thématiques se croisent pour former un ensemble cohérent, qui nous interroge. Et nous ? Aurions-nous réagi comme Nanae ? Nanae jeune, ou adulte ?
De la passion et des stars
Terrible monde des idols, ces boys bands et girls bands taillés pour apporter joie et bonheur au public… D’un côté, on leur demande aux stars de se donner 100 % à leur public, de ne parler que de paix, d’amour et de joie. De l’autre, on construit un univers opaque, fait d’interdictions, de brimades et de traitements inhumains. Certaines histoires, tragiques, rappellent à quel point l’univers peut être toxique. Et quand les stars réussissent… ce n’est pas forcément gagné pour autant ! Le succès peut être très relatif, comme le boys band cité dans le manga, avec des membres plus populaires que d’autres. Le « produit » Masaya n’a pas fait l’affaire, voilà tout. Derrière « le produit », il y a pourtant un être humain, qui mérite le respect.
Passion “de fille”, passion “de garçon” ?
Les moqueries des amies de Nanae se basaient sur leur âge pour fustiger le boys band (ce n’est pas une raison!). Les moqueries des collègues masculins de Nanae sous-entendent que seules les filles peuvent aimer les boys bands, et que ce type de groupes est forcément nul.
On trouve hélas encore cette idée reçue : quand une activité est majoritairement pratiquée/suivie par des filles, des femmes, elle est déconsidérée. Exemple en France avec la magistrature. La profession s’est féminisée au court du temps. Néanmoins, les magistrates sont très peu nombreuses à occuper les postes les plus prestigieux. C’est simple : plus on monte en grade, plus la profession se masculinise…
Pourquoi une activité appréciée des filles serait-elle forcément inintéressante ? Pourquoi les choses aimées par les garçons seraient-elles forcément intéressantes ?
La peur du rejet, la peur de l’exclusion
Nanae est blessée par le regard des autres. Pas facile de défendre sa passion, surtout quand on est enfant. On a envie de se fondre dans le groupe… Ce groupe qui, parfois, peut être si oppressant. Il faut du courage pour avaler le rejet. Masaya, cette ancienne idol, a certainement dû le faire.
On se demande rarement comment vivent ces anciennes stars. Comment se construisent ces ados brisés au début de leur carrière ou au sommet de leur art ? Sont-ils aidés, lorsqu’ils retournent dans l’anonymat ? Un anonymat tout relatif, car en quelques instants, comme le montre le manga, leur passé ressurgit. Les moqueurs pèsent-ils le poids de leurs propos, lorsqu’ils raillent leur victime ? C’est comme si, dès lors qu’elle devient un peu célèbre, la personnalité cessait d’être une personne…
Et Masaya, qu’en pense-t-il ? Sa voix se fait peu entendre… Certains indices révèlent toutefois qu’il a accepté son passé. Loin d’être bloqué ou terrorisé par le regard de l’autre, il continue d’aller de l’avant. Voilà un beau message d’encouragement.
Les infos en plus
- Crédits images : Romance de ha nai ni shiro © FUMI Kyôko / ShuCream (2025)
- Même si cette histoire n’est pas une romance – Akata
- Générique du podcast : Hands of the wind, de Manuel DELSOL
- Effets sonores/musiques : Zapsplat.com ; Audio Hero (Fifth-Avenue)


