Précédemment dans Jona au pays des pommes.
Les larmes silencieuses de l’enfant
Alice s’habitue à sa nouvelle vie à Aomori. Elle aime son métier d’enseignante, la vie avec les élèves… elle a encore beaucoup à apprendre. Par exemple, comment bien interagir avec la discrète Nachi ?
Car la petite fille, sans cesse comparée à sa grande sœur Mona, est certaine de n’avoir aucune valeur. La faute à ses parents, qui la comparent à Mona, qui ne remarquent pas le malêtre de Nachi. Les paroles de la petite fille ravivent les souvenirs d’Alice… et ceux de Masaichi. Les douleurs d’enfants reviennent. Expliquent, en partie, pourquoi les deux jeunes adultes tentent, aujourd’hui, de masquer leurs fêlures. Comment aider Nachi à reprendre confiance en elle ? Que dire aux parents ? Que penser de leurs attentes, qui font parfois porter un poids démesuré à l’enfant ?
Jona au pays des pommes
Pour rappel, Jona au pays des pommes (林檎の国のジョナ / ringo no kuni no Jona) est un josei manga de MATSUMUSHI Arare en cours de publication depuis 2023 au Japon. En France, le josei manga est édité chez Le Lézard noir. 2 tomes sont sortis, au Japon et en France. Le manga est un véritable coup de cœur ! Une belle histoire, touchante, qui, avec douceur, nous interroge sur notre rapport aux autres. Fait-on vraiment le maximum pour comprendre les autres ? Ou cédons-nous à la trop facile tentation de ne regarder l’autre qu’à travers le filtre de nos propres jugements, perceptions et émotions ?
Se mettre à hauteur de l’enfant
On avait déjà aperçu, dans le tome 1, la gêne du jeune homme. Ce tome 2 dévoile son passé, et nous montre le regard des autres, cruel, sans empathie.
Lorsque les médecins et spécialistes de l’enfance préconisent de se mettre à hauteur d’enfant pour lui parler, c’est sérieux. Si possible, mieux vaut se baisser pour se mettre à hauteur de l’enfant. Tout comme on adapte notre manière de leur parler, on devrait également veiller à notre posture. Se remettre à hauteur d’enfant nous rend plus humbles, et nous évite de tomber de commettre des erreurs qui, parfois, laissent des traces, très longtemps après…
Ces blessures d’enfant qui restent à l’âge adulte
Masaichi a souffert de cette absence d’humilité. Sa beauté, il la porte comme un fardeau. Depuis l’enfance, le monde lui rabâche qu’il est beau… mais stupide. Sa propre famille le raille. Ses prétendus amis se moquent. Ses relations amoureuses sont des échecs, car ses petites amies ne voient en lui qu’un « benêt » très beau à exhiber…
On comprend mieux pourquoi Masaichi ne garde pas un bon souvenir du milieu scolaire. Il voit, en Alice, un modèle pour les autres enseignants et enseignantes. S’il avait eu une enseignante comme Alice, il aurait apprécié l’école. Si Masaichi avait été écouté et bien orienté, il aurait peut-être pu s’épanouir et suivre une autre voie. Mais le jeune homme ne rejette pas toute la faute sur son père. Il reconnaît s’être laissé aller, lassé d’avoir de mauvaises notes, d’être incompris. A quoi bon faire des efforts si l’on est jamais encouragé, félicité ?
Parents et enfants
Se mettre à hauteur d’enfant. Voilà quel pourrait être le titre de ce tome. Les parents attendent parfois des enfants des choses qu’ils ne peuvent pas faire. Projettent sur eux des trucs, des rêves enfouis, des frustrations… mais l’enfant n’est pas une extension des parents. Ce n’est pas un objet mis à disposition des parents pour leur bon plaisir. L’enfant, aussi jeune soit-il, est un être humain à part entière, qu’il convient de respecter, de choyer, de protéger, de comprendre. Ce n’est pas aux enfants d’entrer dans un monde d’adultes. Les enfants doivent grandir dans leur monde d’enfant. C’est la meilleure façon de faire d’eux des adultes épanouis.
Les infos en plus
- Crédits images : Ringo no kuni no Jona © MATSUMUSHI Arare / Shôgakukan (2023)
- Jona au pays des pommes – Le lézard noir
- Générique du podcast : Hands of the wind, de Manuel DELSOL
- Effets sonores/musiques : Zapsplat.com ; Audio Hero (Yellow Cafe), Angela Paulson (Floating)


