Connaissez-vous Anne Shirley ? L’héroïne du célèbre roman d’origine, Anne… la maison aux pignons verts, écrit par Lucy Maud Montgomery ? Ce roman, publié en 1908, est vite devenu un best-seller, traduit en de nombreuses langues.

Les raisons du succès ? Une histoire touchante, drôle, bienveillante, sur l’enfance, la famille, les relations humaines. Le roman a connu de multiples adaptations en anime, en manga, en drama… La modeste chronique ci-dessous s’attarde sur la dernière adaptation animée du roman, nommée tout simplement « Anne Shirley ». Réalisé par The Answer Studio, l’anime doit compter 24 épisodes, diffusés depuis ce printemps. En France, on peut le retrouver sur Crunchyroll.

Anne Shirley, E pour Anne

XIXe siècle. Canada. Petite bourgade d’Avonlea, sur l’Ile-du-Prince-Edouard. Si l’île existe bien, Avonlea est une pure fantaisie.

Anne est une orpheline de 11 ans, qui a déjà connu bien trop de familles d’accueil. Mais un jour, enfin, elle rejoint une famille. Non pas une énième famille pilote, mais une famille, tout simplement. Marilla et Matthew Cuthbert sont frère et sœur. On ne leur connaît ni épouse, ni époux, ni enfants. Ils cherchaient un garçon pour les aider à la ferme. L’orphelinat leur envoie une fille, Anne. Vont-ils la renvoyer ? Non, bien sûr. Ils l’aiment déjà. Presque instantanément, elle leur redonne une seconde jeunesse. C’est qu’il faut au moins ça, pour suivre l’enfant à l’imagination foisonnante. Anne aussi les aime, eux et leur jolie maison aux pignons verts.

Bouffée de gentillesse d’air frais

Quelle bouffée d’air frais ! Cet anime respire la fraîcheur, la douceur, l’espièglerie, avec parfois, quelques épreuves pour les épices. Les dessins transmettent bien cette énergie, avec leurs couleurs vives, leurs traits ronds, et ce générique de début bien enjoué. Le générique de fin ramène une brise de douceur.

Les personnages sont très attachants, à commencer par Anne, l’héroïne. Très loquace, vive d’esprit, elle sait manier les mots avec grâce. Brillante, elle collectionne les meilleures notes. C’est aussi une professionnelle des expériences… parfois fort dangereuses ! Entraînée ou non par ses amis, Anne prendra ainsi des décisions fort discutables et se repentira tout aussi fort.

Les relations entre les personnages sont l’autre point fort de l’anime. Anne et les Cuthbert forment bien une famille, même sans lien de sang. La petite fille se lie vite d’amitié avec Diana. Les deux enfants deviennent rapidement inséparables et se promettent d’ailleurs de ne jamais se séparer. Facéties, tranchent les adultes. Pourtant, elles sont bien sérieuses dans leur serment, et le montrent. Les séparations ne freinent pas leur passion commune, au contraire.

Et puis il y a ça. Les couacs.

Anne Shirley et les expériences de la vie

Dans le cas d’Anne, c’est un peu plus que des couacs. Ouvrons ici le chapitre des défauts de caractère et de la mauvaise foi. Comme Anne, feignez-vous parfois d’ignorer les sages conseils, pour vous murer dans votre entêtement ?

Reconnaître ses torts, demander pardon, accepter le pardon de l’autre n’est pas toujours simple. Pour certain.e.s, c’est même une épreuve presque insurmontable. Question de caractère, me direz-vous. Mais le caractère, ça se travaille, surtout quand on est en tort. Hélas, on est parfois tenté d’emprunter d’autres sentiers pour éviter de pardonner ou de demander pardon…

1/Vous ignorez le problème

Un peu de poussière, un bon tapis, et c’est fini. Vous ne voulez pas demander pardon. Pourquoi donc vous souvenir de ce problème ? Avec un peu de chances, votre victime finira par oublier aussi.

2/Vous jouez la provoc

Vous n’avez pas été correct ? Vous serez pire ! Voilà que vous invectivez la victime, rudoyez votre prochain. On roule sur vous des yeux effarés. Loin de vous arrêter, ces réactions épouvantées renforcent votre entêtement. On vous a traité de méchant.e. Vous serez véritablement épouvantable.

3/Vous vous emmurez dans le passé

Pourquoi demander pardon lorsque c’est l’autre qui a commencé les hostilités ? Votre analyse part du bon côté : vous êtes la victime. Mais l’autre vous a demandé mille fois pardon il y a plus de dix ans. Il serait temps de tourner la page, non ? Non. Vous êtes du type « colère froide ». Votre entourage vous presse d’accepter le pardon, en vain. De victime, vous passez à bourreau, rejetez la sincère humiliation de votre ancien « ennemi.e » et vous plaisez à l’humilier. On se demande bien ce qu’il/elle a pu vous faire pour provoquer en vous pareille colère. Au fond, vous vous savez en tort et voudriez vous réconcilier. Mais votre orgueil vous bloque.

Fierté orgueilleuse, orgueilleuse fierté

« Orgueil ». Les autres l’appelleront « fierté » et diront que la frontière entre les deux termes est mince. Les deux peuvent avoir une face positive et négative. Ici, votre orgueil vous rend méchant.e et agresse l’autre. Vous avez une trop haute opinion de vous-même. Il faut vite revenir en arrière. Car plus le temps passe, plus il est difficile de faire marche arrière. Un mot, une parole, l’autre n’attend que ça. Il vous tend déjà la main. Vous n’avez qu’à saisir la sienne. N’est-ce pas, Anne ?

Les infos en plus

  • Crédit image Anne Shirley © The Answer Studio (2025) 
  • Anne Shirley : le site officiel
  • Générique du podcast et effets sonores : Zapsplat.com ; Angela Paulson

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